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Par karima peyronie
Une grippe au moment du départ, une jambe cassée sur place et le séjour de rêve tourne vite au cauchemar. Sans pour autant les éviter, des solutions financières ou matérielles existent pour remédier à ces catastrophes de dernière minute : les assurances voyages. Petit tour d’horizon sur ce qu’il faut savoir de ces contrats qui sauvent !
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Toutes sirènes hurlantes, l’ambulance traverse Oulan Baator pour emporter Jean-Pierre vers l’aéroport : victime d’une chute de cheval au cours de son séjour en Mongolie, il a été pris en charge par l’assurance qu’il avait contractée dans son agence avant le départ, « au cas où ». Le geste qui sauve ! Pour ce type d’accident comme pour un vol de bagage ou encore un vilain rhume avant le départ, les organismes d’assurances/assistances simplifient les désagréments à défaut de les éviter. Pour les scénarios catastrophes qui touchent à la santé, l’assistance met en oeuvre des moyens humains et techniques pour venir en aide, tandis que l’assurance assure un « coup de main » strictement financier. Le choix se fait en tout cas dès la réservation du voyage, soit auprès du tour-opérateur qui propose « sa propre assurance » -que le client est libre de refuser-, soit auprès d’autres organismes comme l’assurance habitation ou les cartes bleues. Le forfait coûte en moyenne 50 € pour les moyens-courriers et 80 € pour les longs-courriers pour chaque extension. Les assurances se mettent à l’heure des familles en proposant de plus en plus des « packages » à partir de 2 adultes et 2 enfants pour 160 €. Des coûts supplémentaires, en plus du voyage en lui-même, qui dissuadent trop souvent le consommateur. Et pourtant, quel pari risqué lorsqu’on sait tout les frais économisés en cas de pépin !
L’ASSISTANCE
Qu’aurait fait notre monsieur à cheval s’il n’avait pas eu la clairvoyance de prendre une extension assistance à son contrat de vacances ? Il aurait du débourser seul tous les frais médicaux, ses déplacements, sa visite chez le médecin voire son hospitalisation et en cas de complications, il aurait même du prendre en charge son propre rapatriement ! Comme lui, on estime qu’un voyageur sur trois prend ses précautions avant de partir en souscrivant une extension d’assistance qui n’est jamais incluse automatiquement dans le prix du voyage.
Comme toutes les assurances, l’assistance est fortement conseillée et a fortiori lorsque les risques sont accrus selon le pays et les activités. Un séjour sportif en Australie sera forcément plus exposé qu’un séjour farniente à Punta Cana. Une randonnée sur les plaines du Turkménistan présente plus de risques qu’un camping à l’île de Ré. Certains pays sont même exclus de toute prise en charge ; ceux en guerre et qui présenteraient un terrain à « haut risque ». Dernièrement, le Sri Lanka a été « fiché » par le quai d’Orsay comme pays dangereux et la plupart des assistances ont suivi en refusant toute couverture. En toute logique, l’Irak et l’Afghanistan sont très peu souvent pris en charge.
Les prix varient donc en fonction des risques encourus ou supposés, mais aussi du coût de la santé dans le pays visité : une hospitalisation n’a pas le même coût en Espagne, au Canada ou aux Etats-Unis. L’assistance s’adapte et propose des prises en charge plus conséquentes, à hauteur de 152 000 € chez Europ-assistance et jusqu’à 300 000 € chez Avi-International.
Le plus couramment, l’assistance se charge de couvrir les frais médicaux sur place de l’assuré et de ses proches pour deux raisons : soit le problème n’est pas assez grave pour nécessiter un déplacement, soit au contraire la pathologie est trop importante et un rapatriement présenterait trop de risques (transplantation, transfusion…). Une condition sine qua non pour toutes les assistances : aucun frais ne doit être engagé sans l’accord préalable de l’organisme. A n’importe quelle heure du jour et de la nuit, et même un jour férié, des permanences téléphoniques sont assurées pour intervenir aux quatre coins du monde en temps réel.
A quelques nuances près, tous les organismes prennent en charge les mêmes événements :
Le rapatriement s’il est justifié par l’état de santé
Les frais médicaux
L’avance des frais d’hospitalisation
Les frais de visite engagés par les proches
Le remboursement des frais supplémentaires pour les personnes assurées, accompagnatrices ou encore celles désignées pour s’occuper d’enfants mineures (nuits d’hôtel, transport…)
L’envoi d’un médecin, auprès du voyageur, chaque organisme possédant un réseau de plus de 200 médecins dans le monde
Les frais de recherches et de secours pour les activités de sport d’hiver à hauteur de 1600 € généralement
Le transport du corps jusqu’au lieu d’obsèques
Mais tout n’est pas si simple dans le monde de l’assistance et l’ennemi n°1 s’appelle… l’exclusion. Ces clauses particulières qui indiquent quand l’assistance ne peut plus jouer son rôle. La première chose à retenir est que cette couverture ne prend en charge que les frais médicaux de première urgence. Inutile de tenter de se faire faire une couronne dentaire ou ses lunettes sur place en pensant faire des économies. Les compagnies d’assistance insistent également sur le fait que les assurés doivent être en bonne santé avant le départ. Certaines compagnies, comme l’Européenne d’Assurances, refusent d’assurer des clients qui ont eu une hospitalisation dans les 6 mois précédant le départ, quel qu’en soit le motif ! Par ailleurs beaucoup de compagnies, notamment Avi International, imposent des limites d’âge : passés 65 ans, l’organisme refuse de couvrir tout frais médical et tout rapatriement. Une inégalité qui ne devrait pas perdurer, compte tenu du succès des « voyages seniors » !
Chacun peut contacter directement les principaux assureurs pour prendre une assurance individuelle avant de partir en voyage, mais en cas de voyage organisé par un tour-opérateur, celui-ci a déjà négocié avec sa compagnie d’assurances pour proposer des contrats adaptés au circuit ou au séjour qu’il commercialise. Ainsi un séjour « circuit individuel en voiture » comprend généralement, au-delà de l’assistance médicale, une clause automobile. Elle s’ajoute (voire se substitue) à l’assurance prise au moment de la location, afin de prendre généralement en charge les frais de remorquage, l’envoi de pièces détachées, le rapatriement du véhicule, etc. Enfin une dernière variante, assez inattendue, des contrats d’assistance : l’assistance juridique en cas de litige. Une nuit au commissariat ? Une dispute qui tourne mal ? Un problème de visa ? Un avocat, une avance sur une caution pénale ainsi que toutes autres dépenses impromptues de ce genre peuvent faire l’objet de l’intervention de l’assistance.
L’ASSURANCE ANNULATION
Un bras dans le plâtre rend évidemment difficile un séjour au ski ! C’est pourquoi il existe l’assurance annulation qui, comme son nom l’indique, couvre les frais en cas d’annulation du voyage. Elle est toujours proposée par les tours-opérateurs pour une somme assez modique, ce qui la rend presque systématique. En principe, cette assurance a pour objet de laisser le minimum de frais à la charge du client en cas d’événement inattendu qui empêche le départ. Les conditions d’annulation restent assez similaires d’une assurance à une autre, et la maladie ou le décès sont en tête de liste pour annuler son voyage à la dernière minute. Une seule condition : que la maladie annoncée soit apparue après avoir souscrit au contrat. L’assureur doit alors prouver que les signes de la maladie se sont manifestés avant l’inscription au séjour s’il veut contester le remboursement, et un certificat médical peut être demandé (sans que l’origine de la maladie ne soit stipulé, secret médical oblige). L’Européenne d’Assurances est l’un des rares organismes à prévoir une assurance annulation en cas d’aggravation d’une maladie chronique, par exemple un diabète. A noter qu’en cas de maladie reconnue et acceptée comme telle par la compagnie d’assurances, il reste toujours une franchise à la charge du voyageur qui renonce à partir (jusqu’à 46 € par personne).
D’autres évènements de la vie peuvent empêcher un touriste de se rendre dans l’endroit de ses rêves, et les assurances prévoient une liste de raisons qui varie du plus large au plus particulier. Notons, chez Mondial Assistance, les dommages graves à l’habitation ou aux locaux professionnels, le licenciement économique de l’assuré ou de son conjoint, l’obtention d’un emploi ou stage rémunéré, le divorce ou l’annulation de mariage…Mais une liste tout aussi longue énumère les nombreux cas d’exclusions comme la toxicomanie, les maladies mentales ou psychiques, les accidents suite à la pratique d’un sport de compétition, la guerre civile, les émeutes, les grèves… Ainsi quelqu’un qui adore faire du moto-cross devra s’abstenir car, comme tous les sports mécaniques et aériens, un accident ne rentrerait pas en compte pour justifier une annulation. Sauf clause spéciale, qui peut se négocier… L’Européenne d’Assurances propose une extension de garanties, moyennant près de 50 € en plus, pour rembourser une annulation suite à un refus de visa ou des complications d’un vaccin ou tout événement d’ordre administratif, judiciaire ou professionnel. De son côté Europ-Assistance simplifie la vie des voyageurs avec l’option « tout sauf ». Cette formule, de plus en plus populaire, permet d’annuler son voyage pour n’importe quel motif excepté… le changement d’humeur ! Les conditions météorologiques rentrent alors en compte (très utile pour le ski !) et les professions libérales peuvent faire face à des imprévus professionnels sans avoir de retenues financières trop importantes. Une telle liberté à un coût puisqu’une franchise de 20% du montant total est retenue en cas d’annulation…!
L’ASSURANCE BAGAGES
Qui ne connaît pas un malchanceux qui, tout content d’arriver en vacances, voit défiler inlassablement un tapis de bagages vide à l’aéroport! Selon la Convention de Varsovie, la compagnie aérienne est responsable de la perte ou de la détérioration des bagages ainsi que du retard de leur acheminement. Le tarif d’indemnisation est généralement de 30 à 40 € le kilo sauf aux Etats-Unis, où la valise perdue est remboursée 1250 dollars pour les vols internes. Mais très souvent, cela reste insuffisant comparé à la valeur réelle des pertes. L’assurance « multirisque voyage bagage » comble cette différence en offrant un remboursement plus conforme à la valeur véritable à condition d’en établir la preuve. Seul sésame, les factures ! Mais les objets précieux, lorsqu’ils sont remboursés, ne le sont jamais au delà de 50% de leur valeur. Exit le caméscope, téléphone portable, ordinateur ou encore appareil photo des valises qui vont en soute ! Quant aux billets de banques, cartes de crédit, et autres moyens de paiement, les assureurs considèrent qu’ils n’ont rien à faire dans les valises et n’en tiennent pas compte ! Pour tous les autres objets ou vêtement, les assureurs ont établis des démarches très précises à suivre selon le motif de la demande :
En cas de vol : après avoir porter plainte auprès des autorités locales, il convient d’envoyer un dépôt de plainte à son assureur où sera inscrit le montant approximatif des effets personnels
En cas de perte : une déclaration au transporteur, à l’hôtelier ou, le cas échéant, auprès de l’ambassade ou du consulat est exigée pour signifier officiellement la plainte
En cas de destruction : il est impératif de faire constater par une autorité locale ou par un témoin l’état du bagage
En attendant de faire les démarches administratives nécessaires, les assureurs tel Avi International proposent de prêter de l’argent à hauteur de 750 € pour subvenir au minimum aux besoins sur place. Puis, dans tous les cas de figure, l’assuré doit prévenir son assureur dans les 2 jours pour un vol et 5 jours pour une détérioration, mais l’assurance ne rembourse pas si le dommage a été causé à la suite d’un oubli ou d’une négligence de l’assuré. Pas de bagages sans surveillance par exemple. Logique. En revanche, certaines assurances refusent catégoriquement de garantir les objets fragiles. Une notion subjective s’applique alors sur ce qui est « assez solide » pour être mis dans la valise ! Et les sportifs auront du fil à retordre entre les assurances qui refusent de prendre en charge tout matériel de sport (comme l’Européenne d’assurances) et ceux qui admettent une indemnisation jusqu’à 1 500 € comme c’est le cas chez Mondial Assistance.
L’assurance bagage se contracte bien sûr avant de partir (20 € en moyenne pour un moyen courrier, 30 € pour un long courrier), et elle est le plus souvent proposée par l’agence de voyages au moment de la vente du séjour. Mais attention à l’effet « doublon » : l’extension « villégiature » du contrat «multirisque habitation » prévoit déjà une garantie des effets et bagages volés ou incendiés pendant un séjour hors du domicile.
Quel que soit le type d’assurance ou d’assistance, il arrive que les relations tournent au vinaigre : l’association UFC Que Choisir rappelle que des contestations sont possibles, même si la complexité des contrats dissuadent souvent les clients. Il est donc nécessaire de bien connaître ses droits, de se renseigner auprès des associations de consommateurs et il est possible, en dernier recours, de saisir les tribunaux. Lorsque le client obtient gain de cause, il n’est pas rare que les sommes versées doublent voire triplent part rapport à l’indemnité initialement prévue.
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