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Par Coralie Pascaud










Formule testée et approuvée ou solution purement économique, le camping fait un retour en force dans les vacances des Français. Il faut dire qu’avec ses 10 600 terrains aménagés, l’Hexagone offre des possibilités d’hébergement pour tous les goûts, toutes les envies et tous les budgets.

Arrivé à la 4ème  place du box-office français en 2006, « Camping » de Fabien Onteniente a remis la tente, les tongs et l’élection de Miss Camping au goût du jour. Le film a réalisé plus de 5 millions d’entrées… ce qui correspond justement au nombre de Français qui font du camping chaque année ! A la mer, à la campagne comme en montagne, les terrains aménagés sont nombreux et la plupart - 85% selon la Fédération Française du Camping et du Caravaning (FFCC) - se placent dans la catégorie « Tourisme ». Seulement 15 à 20% des terrains sont affectés à des hébergements locatifs (mobile homes essentiellement), loués pour des séjours de plus d’un mois.
Comme les hôtels, les campings sont classés de 1 à 4 étoiles, en fonction de leur équipement, par la Préfecture du département dans lequel se trouve le terrain. Elles correspondent à des normes techniques précises : la superficie des emplacements, la voirie, le nombre d’équipements (lavabos, douches, lave-linge et fers à repasser), la sécurité, l’éclairage… qu’offre le terrain de camping. A titre d’exemple, pour un terrain 3 ou 4 étoiles, la superficie minimale d’un emplacement est de 80 m² alors qu’elle est de 70 m² pour un terrain 1 ou 2 étoiles. Pour les équipements sanitaires, un sol carrelé est exigé dans les 3 et
 4 étoiles. Le nombre de douches doit être de 6 pour 100 emplacements dans un 2 étoiles, mais il passe à 12 pour 100 dans les 4 étoiles. Sur les terrains 3 et 4 étoiles, deux langues étrangères dont l’anglais doivent être parlées, les emplacements doivent être séparés par des plantations et le terrain gardé nuit et jour.
En théorie, un 4 étoiles serait donc « mieux » qu’un 2 étoiles. En réalité, un 2 étoiles proposant piscine, terrain multisports, un service de restauration ou une supérette peut facilement concurrencer un 4 étoiles qui n’offre que le strict minimum ! Par ailleurs l’ombrage ou la qualité de l’accueil – des critères pouvant avoir leur importance – ne sont pas pris en compte. Au campeur donc de définir ses exigences et d’y mettre le prix. Un prix de départ qui varie selon le camping, puisqu’il est fixé librement par le gestionnaire, et qui correspond généralement à un forfait (2 personnes + voiture + tente). A noter que le tarif est forcément plus élevé en haute saison qu’en basse saison, en bord de mer qu’à l’intérieur des terre.


Le camping spartiate

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Besoins restreints, budget limité ou départ sur un coup de tête, les raisons sont nombreuses pour jeter son dévolu sur un camping peu ou pas étoilé. Les aires naturelles font office de premier choix. De faible capacité (25 emplacements maximum), elles proposent les prestations de base – lavabos et douches - pour un prix très raisonnable (à partir de 4 € la nuit par exemple à La Guillonnière, 37360 Beaumont-la-Ronce, tél. : 02 47 24 42 83, www.welcometouraine.com). Inconvénient : elles ne sont pas tenues de fournir l’eau chaude, entre autres ! Ce choix revient au gestionnaire du camping, qui dispose d’une liberté totale concernant ses prestations. Certains choisissent de se démarquer en mettant à disposition lave-linge et barbecue, comme l’Aire naturelle de Franc dans les Landes (à partir de 9,30 € la nuit jusqu’au 1er novembre 2007; rue d’Huchet Chemin de Franc, 40660 Moliets-et Maâ, tél. : 05 58 48 51 57, www.moliets.com), ce qui augmente naturellement le tarif. Le défaut majeur des aires naturelles reste néanmoins leurs petites disponibilités en matière d’emplacements et leur ouverture ponctuelle (jusqu’à 6 mois par an seulement). A peine plus travaillés, les campings sans étoile ne sont pas à proprement parler des aires naturelles et ils sont ouverts toute l’année et disposent d’un nombre d’emplacements plus conséquent. Mais le zéro étoile rime souvent avec zéro équipement ou presque à part les sanitaires, et zéro loisirs.


Le camping confort

Le principe du « confort » est pour le moins subjectif, et si certains se contentent du même emplacement vue mer chaque année en faisant fi du reste, les familles ont des besoins qui augmentent à mesure que les enfants arrivent, passant du petit emplacement pour une tente deux places à une grande surface pour loger tous les enfants, et de la douche froide à des sanitaires de luxe. Mais le plus, désormais, c’est l’animation. Au-delà de la taille des emplacements et du nombre d’équipements, les campings font leur réputation par le bouche-à-oreille et la qualité des activités proposées. Terrains de foot ou de tennis, piscines ou bords de plage, Clubs des Pingouins ou pas, chacun essaie de s’imposer par des efforts remarquables pour faciliter la vie quotidienne. Et parce que ces équipements se normalisent, des chaînes se sont développées, présentant toutes des normes qu’elles respectent d’un camping à l’autre, comme dans l’hôtellerie. Ainsi Yelloh!Village qui dispose de 37 campings à la mer, à la campagne et en montagne. En plus des services de base, ces sites proposent de nombreuses infrastructures liées aux loisirs : des piscines chauffées au printemps et à la fin de l’été, des plages aménagées en bord de lac, de rivière, en bord de mer ou d’océan ; des équipements de sport et de détente (tennis, terrain de sport, ping-pong, volley, pêche) ; des animations pour les enfants (club pêche aux crabes, atelier de mime, initiation à la voile) ; des soirées (cabaret, karaoké, folklorique)… Les villages disposent du « tout sur place » : boulangerie, traiteur, bibliothèque mais aussi laverie, service médical, change… (exemple de tarif : à partir de 17 € l’emplacement pour une nuit au village Le Littoral 4 étoiles, Le Porteau, 85 440 Talmont-Saint-Hilaire, près des Sables-d’Olonne et du Puy-du-Fou, tél. : 02 51 22 04 64, www.yellohvillage.com).
Cumulant les avantages, les villages de vacances connaissent un grand succès et les chaînes se multiplient. Village Center propose des sites correspondant aux attentes de chacun : à la mer, à la montagne, à la campagne, pour des vacances actives, culturelles ou reposantes… avec toujours un environnement agréable, des activités sur place (dont l’espace aquatique comprenant au moins une piscine et une pataugeoire) ou à proximité, ainsi que de nombreux services (épicerie ou supermarché, location de vélos, distributeurs de billets…). A partir de 16 € l’emplacement pour une nuit (www.village-center.com). Dans le même style Siblu (www.siblu.fr), Camping Contact Vacances (www.campingcontact.fr), Vacansoleil (www.vacansoleil.fr) et Kawan (www.kawan-villages.com) proposent des villages de camping en France ainsi que dans de nombreux pays européens comme l’Espagne ou l’Italie.
Et pour un camping « chic », la palme d’or revient aux Castels, une association qui encourage les propriétaires de châteaux à ouvrir leurs domaines aux campeurs. 38 sites sont aujourd’hui disponibles dans toute la France. Tous les Castels disposent d’espaces aquatiques, dont certains équipés d’aquaparc. Au programme également : terrains multisports, clubs enfants, aires de jeux, centres équestres.. (à partir de 15 € la nuit en basse-saison et 30 € en haute-saison, au Ruisseau des Pyrénées près de Biarritz, www.les-castels.com).


Le camping alternatif

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Ras-le-bol des traditionnelles tentes et caravanes ? Pourquoi ne pas tester l’esprit bohème des roulottes de campagne ! Entièrement réalisées en bois massif et implantées dans un environnement naturel, elles évoquent la vie des gens du voyage et garantissent tout le confort. Pas moins de 30 adresses, réparties dans toute la France, attendent les curieux (à partir de 69 € la nuit dans la Roulotte des Crins d’Or en Haute Normandie ou dans la Roulotte de Kuenbach en Alsace, www.roulottes-de-campagne.com).
Encore plus insolites, les yourtes accueillent les petites familles (2 à 5 personnes) comme les grandes tribus (10 à 18 personnes). La formule «yourte & breakfast» est disponible dans
22 sites en France. Le petit dernier, le « Nomade Lodge », se trouve en Seine-et-Marne, à proximité d’une ferme briarde du XIXème siècle. Il se compose de cinq yourtes de 20 à 35 m² et d’une grande yourte de 66 m² (à partir de 50 € la nuit plus 14 € par personne, petit déjeuner inclus, valable de mai à octobre, tél. : 01 43 54 77 04, www.yourte.com).
Les écologistes peuvent opter pour le camping-nature dans un village Huttopia qui oriente ses activités vers la protection de l’environnement et la découverte de la région. Bien sûr, les sites sont situés en pleine forêt (Huttopia Rillé situé en Touraine, Versailles et Rambouillet qui ouvrira au mois de juin) mais disposent quand même d’une piscine chauffée, de jeux, d’une salle commune et d’une épicerie de dépannage vendant des produits du terroir (à partir de 55 € la nuit en canadienne 4/5 personnes à Huttopia Versailles par exemple, www.huttopia.com). Les aventuriers pourront expérimenter les cabanes perchées dans les arbres (à partir de 90 € la nuit pour 2, en Bretagne, wwwcabanes-de-bretagne.com) ou les véritables tipis (à partir de 85 € la nuit dans un tipi accueillant 4 à 6 personnes, dans les Hautes-Pyrénées, www.tipis-indiens.com). De belles nuits en perspective !

 


Le camping sauvage

Solution idéale pour les touristes épris de liberté ou au budget très limité, le camping sauvage est autorisé… en principe. Car en réalité, la formule est interdite dans de nombreux endroits : sur l’emprise des routes et voies publiques, les rivages de la mer, les alentours des sites classés ou inscrits, les zones de protection des monuments historiques, du patrimoine architectural et urbain, des monuments naturels et des sites, les réserves naturelles,  les endroits se trouvant à proximité des points d’eau servant à la consommation… sans oublier certaines zones fixées par arrêtés pris par les maires, au nom de la commune ou de l'Etat.
Une fois l’emplacement trouvé, reste la question de la sécurité. Peur d’une agression et bruits nocturnes peuvent causer quelques nuits blanches ! Pour éviter de se faire des frayeurs, autant opter pour la formule "semi-sauvage", en demandant à un habitant l’autorisation de dormir près de sa maison, voire de camper dans son jardin… ou dans son champs ! 


Le camping-car ou l'apparente indépendance


Véritable maison sur roues, le camping-car est le symbole de la liberté. Il dispose de toutes les commodités et d’une relative autonomie (nécessitant notamment des services d’électricité, d’eau et de vidange). Seul bémol, mais de taille : les possibilités de stationnement sont souvent limitées par les collectivités locales, souvent par peur de troubles, gênes ou nuisances. Heureusement, l’interdiction ne peut porter sur la totalité de la commune. Il convient néanmoins de se renseigner en mairie une fois sur place ou sur Internet avant de partir. Le site www.camping-car.org s’avère bien utile puisqu’il recense les aires de stationnement en France et en Europe, en précisant les coordonnées GPS et certaines informations pratiques. S’il se rend à La Tranche-sur-Mer, en Vendée, le camping-cariste sera ainsi ravi d’apprendre qu’il lui est possible de stationner Place de la Baleine ! Afin de tout savoir sur ses droits et devoirs, il pourra également se procurer le guide « Partir en camping-car » de la Fédération Française du Camping et du Caravaning (http://www.ffcc.fr/docs/publications/parutionsFFCC/plaquette_entiere.pdf).


Un label de qualité

Parce que les étoiles ne prennent en compte que des critères quantitatifs, et non qualitatifs, une charte de qualité a été mise en place par la FFCC (Fédération Française du Camping Caravaning, représentant les usagers) et la Fédération Nationale de l’Hôtellerie de Plein Air (regroupant les gestionnaires de terrains). Audrey Lemaire, responsable communication et marketing de la FFCC, affirme que « Sur les 10 600 terrains, seulement 1000 disposent du label Camping Qualité ». Une indication précieuse qui permet de choisir un camping respectant quatre critères essentiels : une «information précise et vraie» concernant les équipements et les tarifs notamment; une «propreté irréprochable»; un «emplacement privatif au calme» aménagé dans un souci d’esthétisme (délimité avec des arbustes par exemple); un «accueil chaleureux» pour un séjour serein et convivial. Les campings Sunêlia sont un exemple en la matière puisqu’ils cumulent 3 ou 4 étoiles et le label Camping Qualité. Par ailleurs, certains sont qualifiés «zen» ou «club» afin de mieux répondre aux attentes des vacanciers qui retrouvent, quoi qu’il arrive, une piscine ou un espace aquatique, des clubs enfants et des activités (à partir de 20,60 € l’emplacement par exemple pour une nuit au camping Le Ranc Davaine, Saint-Alban-Auriolles, 07120 Ruoms en Ardèche,
tél. : 04 75 39 60 55, www.sunelia.com).


Trucs et astuces du campeur

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« Emplacement B12 ! », annonce le gérant d’une voix tonitruante avant de conduire le nouveau-venu au lieu dit. A priori, il est très bien cet emplacement: un joli carré de verdure où l’on commence déjà à éparpiller ses affaires. Mais c’est généralement une fois la tente montée qu’on se rend compte des inconvénients du lieu : placé sur le chemin des toilettes, c’est un défilé permanent devant la porte ! Alors avant de filer tête baissée vers le B12, où il y a de très grandes chances de rester coincé jusqu’à la fin du séjour, mieux vaut prendre quelques mesures de précaution ! Pour cela, il suffit de faire un tour des lieux avant de s’adresser à la réception, afin de repérer les deux ou trois endroits presque parfaits qui respectent quelques règles de base. Avant toute chose, il faut prendre ses distances avec le bloc sanitaire où l’affluence est plus importante que dans le reste du camping (tôt le matin jusque tard le soir). Ensuite, tenir compte des éléments naturels et éviter de se mettre sous le magnifique chêne centenaire et solitaire - qui risque d’attirer la foudre en cas d’orage – ou sous n’importe quel autre arbre à cause des chutes de branches possibles en cas de grand vent... Mais ne pas se placer en terrain totalement découvert (quand le soleil tape, il est impossible de survivre dans la fournaise qui sert de tente !). A éviter également : les hauteurs balayées par le vent, les terrains en pente (le matelas aura tendance à glisser au cours de la nuit), les terrains caillouteux (difficiles pour planter les piquets de la tente), les terrains proches d’une rivière ou de la mer (averse ou simples marées peuvent faire augmenter le niveau… et noyer la tente). Enfin, bien choisir ses voisins : sans faire de généralités, les jeunes venus en clan fêter les résultats du bac risquent d’être un peu plus bruyants qu’un couple de retraités ! Et il ne faut pas se méfier des humains uniquement : gare aux fourmilières et aux nids d’abeilles ! Une fois l’emplacement idéal repéré, appliquer le commandement n°1 du campeur : négocier l’emplacement avec le gestionnaire, tout en restant courtois !


Le budget

Pour moins de 10 € par jour, inutile de rêver au palace: l’emplacement sera en herbe naturelle et les sanitaires spartiates, a priori aucune animation sur place. Pour 10 à 20 € l’emplacement pour une nuit, les sanitaires et les emplacements correspondront à un camping 2 étoiles, mais ce n’est pas un prix de bord de mer et il y a toute chance que les animations soient peu nombreuses car à ce prix, le propriétaire a peu les moyens d’investir. Camping 3 étoiles, l’emplacement est à partir de 15 € la nuit, les sanitaires de qualité mais attention, les tarifs peuvent passer du simple à plus du double en haute-saison. Pour les versions alternatives, il faut compter 50 € au moins l’emplacement pour une nuit.



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