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Par Coralie Pascaud



Echanger sa maison ou son appartement pour les vacances, voici une formule économique et conviviale pour découvrir des pays proches ou lointains. Les sites Internet se multiplient, au grand bonheur des vacanciers qui aiment explorer le monde sans pour autant sacrifier leur budget.

Partir en dépensant le moins possible, c’est une formule que le plus grand nombre de Français pratiquent en partant tout simplement dans leur famille. Mais pour élargir le cercle des possibilités, Internet est désormais un allié de poids : il met en contact des amateurs qui ne se connaissent pas mais sont prêts à faire confiance pour prêter leur logement. Objectif simple, la découverte. Sans se ruiner en location, chambre d’hôtel et autres restaurants. Il suffit pour cela de trouver un « partenaire d’échange » avec qui troquer sa maison, son appartement ou sa villa, le temps d’un week-end ou d’une semaine. Voire plus, si affinités.


Comment s’y prendre ?

Dans un premier temps, taper « échange de maison » dans un moteur de recherche donne une petite idée de l’étendue du phénomène. Des dizaines de sites se consacrent à ce nouveau mode de vacances, avec quelques petites nuances toutefois. Certains ont été créés par des bénévoles ravis de leur expérience et complètement désintéressés (www.switchome.org), d’autres se prétendent gratuits mais comprennent des frais d’inscription, allant de 30 à 80€ (www.trocky.com, www.echange-de-maison.com, www.trocmaison.com, www.echangedemaison.com, www.echangeimmo.com,www.echangedemaison.org, www.echangevacances.com, www.swapeo.com....). D’autres encore s’adressent à un public précis (www.profvac.com pour les enseignants, www.seniorvac.com pour les seniors), ou imaginent des variantes comme l’échange d’hospitalité (www.homeandcoffee.com). L’inscription sur l’un de ces sites comprend la mise en ligne d’une offre avec la photo et le descriptif du bien « à échanger », la consultation de toutes les annonces disponibles et la possibilité d’organiser des échanges quasiment à volonté… mais sur une durée d’un an.


Avec qui ?

« J’ai réussi à échanger un appartement à Lyon contre une grande maison en Vendée ! En bord de mer, avec tout le confort : l’endroit était idéal pour passer de bonnes vacances avec mes enfants », explique Anne Vaillat, 30 ans, qui trouve de nombreux avantages à ce concept. Villa avec piscine, maison de campagne, petit appartement au cœur de la capitale… En théorie, tout est possible. En pratique, il faut réussir à dénicher l’oiseau rare prêt à faire l’échange, et là, ça se complique. Car pour échanger son bien, il faut d’abord le « vendre », c’est-à-dire mettre en avant ses qualités, ses aménagements ou sa proximité avec des lieux touristiques. Une fois l’accord passé, il faut encore pouvoir se mettre d’accord sur la date ! Anne Vaillat avoue que « Le seul point faible de ce système est de ne pas pouvoir partir sur un coup de tête, car il faut trouver des personnes cherchant à partir au même moment ». Fêtes de fin d’année, vacances scolaires, week-end prolongé… Les envies des uns ne correspondent pas forcément aux attentes des autres, même s’il existe un compromis : l’échange de maison « en différé », plus facile à organiser lorsque les biens sont des résidences secondaires.
Les échanges peuvent bien sûr se faire en France (une Bretagne contre une Provence par exemple), ou avec l’étranger (France contre Angleterre, Espagne, Italie, Etats-Unis, voire même Australie !).
Hélène Da Costa, la cinquantaine, en témoigne avec enthousiasme : « J’en suis à cinq échanges et je compte bientôt recommencer ! J’ai eu la chance de troquer un petit appartement parisien contre des endroits plus grands, où j’ai pu emmener toute ma smala : Caen, Cherbourg mais aussi Londres, Amsterdam et Barcelone». Les sites n’interviennent pas dans la gestion des échanges : les membres consultent les offres, sélectionnent celles qui correspondent à leurs attentes et contactent eux-mêmes les propriétaires. En gardant à l’esprit que multiplier les propositions augmente les chances de trouver son bonheur. Et pour peaufiner l’échange, le meilleur contact reste direct, par téléphone, e-mail, courrier, aussi bien pour convenir des dates que pour entretenir la relation ou échanger des photos. Apprendre à se connaître pour établir une relation basée sur la confiance, et pourquoi pas échanger des « bons tuyaux » : musées, monuments, restaurants ou balades à faire. A quoi s’ajoute le confort d’un hébergement « qui possède une âme », selon Hélène Da Costa, à partir duquel visiter la région loin des sentiers battus, pour se fondre dans la « couleur locale ».

Et légalement ?

L’assurance habitation et l’assurance de responsabilité civile sont les seuls documents administratifs nécessaires.
Nul besoin d’être propriétaire de sa maison pour échanger : il n’y a pas de transaction financière, il ne s’agit donc pas d’une sous-location. La formule se rapproche d’avantage d’une invitation. Ces nouveaux « amis » peuvent prendre soin des animaux comme des plantes, il suffit de se mettre d’accord avant ! Il est d’ailleurs recommandé d’établir un contrat d’échange pour éviter tout malentendu : utilisation du téléphone, de la voiture (dans ce cas, prévenir son assureur), présence ou non d’animaux… Et si la crainte de faire entrer un inconnu chez soi persiste, les objets peuvent être mis dans une pièce fermée, ou carrément confiés à des voisins.
Finalement, une seule règle absolue encadre cet échange : prendre soin de la maison ou de l’appartement, et le rendre exactement dans l'état où on l'a trouvé. Rien n’interdit non plus de laisser quelques courses dans le réfrigérateur, et pourquoi pas, un petit cadeau de remerciement…

Recherche canapé 

Créé en 2003 par Casey Fenton, un jeune américain passionné de voyages et de découvertes, www.couchsurfing.com correspond à une version « allégée » de l’échange puisqu’en l’occurrence, il s’agit d’un troc d’hébergement gratuit. Le principe est simple : s’inscrire sur le site, rencontrer les membres issus des quatre coins du monde et profiter de leur hospitalité, en « squattant » le canapé du salon ou en plantant sa tente dans leur jardin ! Mais l’échange va au-delà : les visiteurs rencontrent leurs hôtes et découvrent le pays en leur compagnie. De quoi créer de nouvelles amitiés, sans frontière.

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