L’Algérie, le premier désert Les dunes de sable et le Petit Prince, les chameaux bien sûr, les hommes au visage tannés par le soleil, les cheichs aux couleurs vives et le thé à la menthe dégusté brûlant sous un soleil de plomb : voici, en quelques mots, brossé le rêve de tout candidat au départ d’un premier trek dans le Sahara. Un rêve en tous points conforme à la réalité.
L’Algérie est l’un des pays les mieux appropriés à un premier voyage dans le désert saharien. Le climat y est plus tempéré qu’en Mauritanie, les dunes de sable blond s’étendent à perte de vue et les possibilités d’itinéraires sont nombreuses dans des paysages sans cesse changeants.
C’est au cœur de l’Erg Mehedjebat que se passe, pour nous, la rencontre avec le Sahara. Moins connu, et donc moins touristique, que les deux régions phares du tourisme dans le Sahara algérien, le Hoggar et le Tassili du Hoggar, l’Erg Mehedjebat forme un ensemble géologique particulièrement spectaculaire. Les dunes de sable très hautes alternent avec les formations de grès propres à la géographie algérienne et les paysages offrent, à chaque minute une incroyable diversité. Loin des itinéraires classiques, l’Erg Mehedjebat permet de découvrir un environnement où se mêlent gorges, oueds, ergs et plateaux, un condensé de Sahara en un seul voyage, idéal pour une première approche. Le choix du pays ne détermine pas à lui seul la nature du trek : « Il faut également déterminer l’itinéraire, le type de paysages dans lequel on souhaite marcher », explique Chantal Mortier, directrice de production Afrique Moyen Orient au sein du tour opérateur Terres d’Aventures. « Le voyageur préfère-t-il voyager à pied ou en voiture ? Veut-il une voiture d’assistante, plus tranquillisante si on voyage en famille, où préfère-t-il une caravane de chameaux avec un trek plus engagé mais plus de vie locale autour de la caravane…? L’accompagnement est aussi un élément d’importance». Toutes ces questions se posent en amont du départ, pour éviter de transformer un rêve en une réalité plus dure qu’attendu, pour que le voyageur sache, très exactement, le chemin parcouru, l’équipement nécessaire et la difficulté éventuelle des étapes. Le Sahara est un bonheur qui se prépare !
Premières impressions
C’est en 4X4 que nous quittons In Salah, une ville saharienne vieille de 5 siècles, première étape de notre voyage. Après deux heures de route, les premières dunes apparaissent et l’erg Mehedjebat se profile au loin. La température au soleil dépasse allègrement les 30 degrés. Autour de nous, un paysage de roches de grès noires alterne avec les dunes de sable : le plateau de Tin Meskis, dans le canyon d’In Ana. La zone est réputée à juste titre pour abriter des peintures rupestres datant de la période néolithique : sur la roche, des vaches peintes en grand nombre rappellent que le Sahara fut - entre 2500 et 3000 ans avant notre ère- une zone de pâturages fertiles. Les différentes traces aperçues au sol ci et là montrent que le désert est habité par une faune variée bien que difficile à apercevoir : mouflons, fennec et le moula moula, un petit oiseau noir et blanc, l’emblème du Sahara pour les Touaregs.
C’est sous une cavité rocheuse, à l’abri du soleil, que se passe le premier pique-nique. Au menu, salade de crudités et oranges, le tout arrosé de thé à la menthe. Dans la tradition touareg, le thé se déguste en trois temps : le premier verre de thé est amer comme la vie, le deuxième, doux comme l’amour et le troisième, suave comme la mort. Bon à savoir : si vous acceptez le premier verre, il est tout à fait impossible, sauf à paraître impoli, de refuser les deux suivants…
Le désert, le vrai…
Après la pause déjeuner, alors que les heures les plus chaudes de la journée sont derrière nous, nous rejoignons le cœur de l’Erg, un paysage de dunes de sable aux courbes parfaites. Commence alors l’ascension de la première dune. Une petite heure pour gravir les quelques 200 mètres qui nous séparent du sommet. Arrivés sur la crête, nous tombons fesses les premières dans le sable. Devant nous, la vue sur l’erg Mehedjebat est à couper le souffle. Le désert, celui de nos rêves de gosses, s’étale à nos pieds. Une pause, pour savourer le paysage, puis vient le moment de la descente. Les jambes s’enfoncent dans le sable jusqu’à mi-mollet et c’est moitié debout, moitié sur les fesses que nous arrivons en bas. Pour marcher dans le sable, évitez les sandales et préférez des chaussures en toile. Plusieurs raisons à cela. D’abord le sable peut, à certains moments de la journée, être très chaud et brûler la plante des pieds. Ensuite, il est, à certains endroits, recouvert de « coussins de belle-mère », des graminées qui, une fois sèches, se couvrent de redoutables petites aiguilles. Au creux des dunes, le sable est plus ferme, quelques pas et nous attaquons la montée d’une deuxième dune, 300 mètres de hauteur. L’après-midi est déjà bien avancée, l’air se fait plus frais et c’est à la nuit tombée que nous arrivons au sommet. Eclairés par la lune et les étoiles, nous longeons la crête avant d’apercevoir, en contre-bas, le feu du campement. Nos chauffeurs touaregs nous attendent autour d’un thé chaud. Débute alors l’un des meilleurs moments d’un trek dans le désert, le bivouac. Autour du feu, le dîner se prépare tranquillement. Au menu ce soir : melfouf, des morceaux de foie d’agneau entourés de crépinettes et cuits au feu de bois, zembo, une soupe typiquement touareg faite de blé vert concassé et de viande séchée, indispensable pour se réhydrater après une journée de marche et coucous, un délice ! Le repas du soir est également le meilleur moment pour aller à la rencontre des Touaregs. D’un naturel discret, ils restent autour du feu et ne se mêlent pas aux voyageurs si ces derniers ne vont pas vers eux. A l’inverse, ils discuteront volontiers avec vous et deviendront des compagnons de voyage qui sauront, comme personne, vous faire aimer le désert. La dernière gorgée avalée, personne ne traîne : éreinté par la journée, chacun s’éloigne avec son matelas de mousse et son sac de couchage. Le « baptême du bivouac », la première nuit sous les étoiles dans le désert est inoubliable. Le silence est total, la lune éclaire le campement et on s’endort en comptant les étoiles filantes. Petit conseil, il est recommandé d’enfouir la tête dans la capuche du sac de couchage car le froid du petit matin peut provoquer quelques torticolis.
A chaque jour, son nouveau paysage !
Ceux qui imaginent que le désert se résume à des dunes de sable, et seulement à ça, en seront pour leurs frais ! Après un transfert en 4X4 et la découverte d’un nouveau et magnifique nouveau paysage de sable, l’Erg et les dunes de Oulahoun, nous partons sur les lieux de notre bivouac à Tesnou. Là, le sable a laissé place à des formations granitiques, témoin de la diversité des paysages algériens qui font de ce pays un must en matière de randonnées sahariennes. Laurent Boiveau, guide accompagnateur chez Terres d’Aventures depuis 8 ans, ne tarit d’ailleurs pas d’éloges : « Tu peux venir 10 fois dans le Sahara algérien, tu ne feras jamais le même voyage. L’Algérie est un réservoir extraordinaire de toutes sortes de paysages du désert. » Et Chantal Mortier de renchérir : « L’Algérie, c’est LE grand désert ! Sans compter que la destination, grâce à sa relative proximité géographique avec la France, est idéale pour organiser des séjours d’une semaine, les plus demandés en ce moment. » Petit bémol : à la différence de sa voisine, la Mauritanie, le désert algérien n’offre pas la possibilité de faire beaucoup de rencontres avec les populations nomades, moins présentes de ce coté-ci de la frontière. Autre question évidente avant le départ : la sécurité du pays. Epargné par la guerre civile qui toucha le pays dans les années 90, le Sahara algérien est une région qui ne présente, dans le cadre d’un trek organisé, aucun risque aujourd’hui.
Une nouvelle nuit en bivouac offre l’occasion de goûter à de d’autres plats traditionnels touareg, la Taguela par exemple. Elaboré avec de la semoule et de l’eau, c’est une sorte de pain cuit sous les braises et le sable du feu de bois qui est ensuite émiettée et dégustée recouverte de sauce à la viande de mouton et de légumes. Un véritable délice ! Le voyage se termine à Tamanrasset. Mythique par l’imaginaire qu’elle véhicule, la ville n’offre en réalité que peu d’intérêt et il est important, au moment de choisir son voyage, de privilégier les itinéraires qui ne s’arrêtent pas plus d’une journée sur place. Seul intérêt de cette escale obligée, la soirée passée chez Claudia, une Suisse installée depuis plusieurs dizaines d’années sur place et qui a monté un campement des plus confortables aux portes de la ville. L’accueil y est charmant et la cuisine, inoubliable…
Ce voyage a été réalisé avec Terres d’Aventures qui propose un trek dans l'erg Mehedjebat et le tassili de Tin Meskis sur huit jours. Vols AR Paris – Tamanrasset – 4 jours et demi de marche – Accessible à tous les niveaux de marcheurs – Pension Complète. Départ jusqu’au 04/03 2006
À partir de 685 € - Tél. 0 825 847 800 - www.terdav.com
Tenue décente exigée
Cela va sans dire et pourtant… Au vu des nombreuses photos de touristes en short qui peuplent aujourd’hui les catalogues de certains tours opérateurs de trek, il est bon de préciser certaines règles de savoir vivre. Ainsi les shorts, caleçons moulants et autres tee-shirts flirtant avec le haut du nombril ne sont pas bien vus dans le Sahara algérien. Les Touaregs sont un peuple extrêmement discret qui n’expose aucune partie du corps aux regards extérieurs. Par respect pour eux, il est bon de faire de même.
En famille dans le désert
« Un trek en famille dans le Sahara n’est pas un « copié-collé » d’un voyage conçu pour des adultes. », souligne Chantal Mortier. Si le voyage est prévu avec des enfants en bas âge, il est recommandé de choisir des randonnées en étoile à partir d’un hébergement fixe où la famille reviendra tous les soirs, à l’exception d’une nuit en bivouac. Pour des enfants plus âgées, à partir de 9 ans, la randonnée itinérante est possible. Elle est alors conçue autour de courtes marches de 4 heures maximum et des chameaux accompagnent les marcheurs. Les enfants peuvent ainsi monter dessus dès qu’ils sont fatigués. Le guide s’attachera également à leur montrer un désert qui les intéresse. Celui des traces d’animaux, de l’orientation en boussole, des étoiles…
Pratique, vous aussi
914 € * avec Nouvelles Frontières : Randonnée de 8j/7n dans les montagnes du Hoggar et l'Assekrem – Vol AR Paris – Tamanrasset
Pension complète. Tél. 0825 000 747 - www.nouvelles-frontieres.fr 1220 € * avec Chemins de Sable : Randonnée de 8j/7n dans le Tassili N’Ajjer – Vols au départ de Paris ou de Marseille vers Djanet - Pension complète - Taxes aéroport incluses - Alternance de déplacements à pied et en 4x4 - Départ jusqu’au 3 février et du 25 février au 7 avril – Tél. 0 820 391 438 - www.cheminsdesable.com