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Cap-Vert, le multiple
On l’imagine vert à souhait, noyé sous une végétation luxuriante de palmiers et de cocotiers… Le Cap-vert est plus composite et varié que cette image de carte postale, mais il faut y poser le pied pour comprendre sa diversité, apprécier ses contrastes et découvrir un pays qui marie Afrique et Europe, vestige d’une très longue présence coloniale portugaise.

On dit : le Cap-Vert. Et pourtant, c’est au pluriel qu’il faut conjuguer cet archipel de quelques 20 îles aux formes et reliefs différents, dont 9 seulement sont habitées. De plages désertes en volcans à la végétation méditerranéenne, de villes coloniales en minuscules villages de pêcheurs, il décline tous les paysages. Le vent joue un rôle essentiel dans ce partage entre les îles « sur le vent » des alizés comme Santiago, la capitale, et celles « sous le vent », les plus nombreuses, au Nord de l’Archipel. Mais leurs différences ne se limitent pas à une simple situation géographique. Sal ou Boavista sont des îles sans relief, plates comme la main et sans intérêt culturel majeur. Santiago, la capitale est loin d’offrir le même spectacle. Accidentée, brisée par la magie volcanique, elle offre de somptueux décrochés naturels qui plaisent tant aux randonneurs. Sao Vicente est présentée comme la musicale et Fogo, la volcanique, regorge de vallées maraîchères à la production luxuriante. Première étape pour les navigateurs partant de l’Afrique vers l’Amérique du sud, l’Archipel est réputé pour la qualité de ses vents chers aux amateurs de planches à voile ou de windsurf, mais aussi pour ses sites de pêche au gros qui font le bonheur des traqueurs de marlins ou d’espadons. Il reste que pour bien comprendre ce pays, l’un des plus pauvres au monde, mâtiné d’une forte présence portugaise, le voyage se doit d’être maritime, sportif et musical.


Le Cap-Vert des randonnées


Santiago, l’île qui abrite la capitale Praia et son aéroport international, a un relief saisissant fabriqué par la main du volcan. Avant de s’attaquer aux sentiers de randonnées ou aux petites criques du bord de mer, il faut prendre le temps de visiter cette ville qui abrite l’ensemble des bâtiments officiels. Malheureusement la capitale coloniale, victime d’un urbanisme illogique, est loin d’avoir conservé ou restauré une architecture dont les vestiges apparaissent ici et là. Mais elle donne un bon aperçu de l’accueil souriant des habitants à l’accent coloré. Le dimanche, la messe sert de point de ralliement à l’ensemble de la population. On y chante dehors, sur les escaliers, devant les vendeurs de bonbons ou de boissons fraîches. Pour goûter aux plaisirs de la cuisine locale, très portugaise, Porto da Praia sur le port est sans doute la meilleure adresse de la ville. Compter entre 12 et 20 euros selon le menu.
A voir aussi le Fort Real qui domine Ribeira Grande dont la cathédrale a été détruite par les corsaires mais on en voit encore les vestiges. C’est sur Santiago que l’on commence à découvrir ce que l’expression « randonnée montagneuse » veut dire. Chemins escarpés, rudes et parfois en friche permettent d’accéder à des crêtes étroites à 1500 mètres d’altitude. Un circuit réservé aux marcheurs entraînés.


Le Cap-Vert sportif

Côté sportif, Sal -216 km²- est devenue la Mecque de la planche à voile et de tous les sports qui font appel au dieu Eole. Santa Maria la capitale, est un petit croisement de quatre ou cinq rues. C’est ici que cohabitent vendeurs de souvenirs, écoles de planches à voile, chambre d’hôtes et petits hôtels qui accueillaient déjà, au début des années 70, les rares initiés aux qualités climatologiques de l’île. C’est ici que Nathalie Simon a installé son école de surf qui explore toutes les techniques liées à ce sport. En complément, une maison sur la plage, composée de deux studios équipés et d’un appartement est proposée à ceux qui veulent organiser eux-mêmes leur séjour. Compter environ 70 euros par nuit pour le studio 2 personnes et environ 120 euros pour le plus grand. Attention, désormais inscrite sur les guides, cette maison est généralement impossible à louer au plus haut de la saison. Côté établissement bien rodé, Nouvelles Frontières a installé son tout dernier Paladien, vaste et agréable, sur l’une des plus belles plages de l’île. Sal s’ouvre depuis quelques années à la plongée. Initiation, perfectionnement ou simple découverte occasionnelle sont proposés sur la plage de Santa Maria. Enfin, face aux demandes des touristes et pour suivre la tendance un Spa (APS/Spa) s’est ouvert à l’entrée de Santa Maria. La plupart des hôtels de Sal proposent les services de ce centre tenu par deux jeunes français.
La plage et les sports nautiques occupent tout le temps, il y a peu ou pas d’excursions à faire à l’exception des anciennes salines du Cap vert, à Pedra de Lume, créées par des français au début du 19ème siècle. L’accès se fait par l’ancien tunnel ouvrier qui débouche sur un cratère ocre, profond d’une cinquantaine de mètres. Ici, on se baigne dans une eau saumâtre, chargée en sel (attention aux petites coupures et aux yeux). A la sortie, pour 1 euro vous accéderez à des douches d’eau douce et un ensemble de chaise longue avec vue unique sur la saline.


Quel Cap-Vert ?

Le climat est doux toute l’année sur l’archipel situé au large du Sénégal, mais les alizés peuvent apporter au gré des années l’air sec du Sahara ou des pluies de mousson venues de l’Atlantique, qui provoquent parfois de véritables déluges dans les îles volcaniques. De façon générale, c’est plutôt la sécheresse qui s’impose et surtout le vent qui peut se révéler parfois pénible. Aussi mieux vaut-il éviter un séjour entre décembre et avril voire mai. Seuls les amateurs de planche trouveront leur bonheur à cette saison, à condition d’être rompus à ce sport ! Pour atteindre le Cap vert, il faut environ 5 heures de vol. Certaines compagnies « charters » établissent des rotations hebdomadaires via Dakar à l’aller et en vol direct au retour. TACV, la compagnie nationale, assure un vol régulier hebdomadaire entre Paris et Sal avec une prolongation vers Praia sur l’île de Santiago. La TAP, compagnie portugaise offre des accès quotidiens via Lisbonne. Compter environ 370 euros pour un vol charter, près de 650 euros pour un vol régulier. Il serait dommage d’aller au Cap vert sans envisager la découverte de deux ou trois îles. Mais attention, le pays s’ouvre à peine au tourisme et les liaisons aériennes inter-îles sont souvent chaotiques. Idem pour les horaires des vols qui peuvent subir les caprices de l’aéroport ou le retard d’un pilote. Il faut se faire à cette indolence tropicale…

Fogo, la différente

Voilà bien une île dont l’originalité est visible d’avion. Structurée autour d’un volcan toujours en activité, dont la dernière éruption a eu lieu en 1995, Fogo est devenu un vaste centre de production agricole tant la terre est fertile dans les vallées qui l’encadrent. C’est encore et toujours le volcan qui sert de but aux randonneurs. Au départ de Cha Das Caldeiras, petit hameau au pied du géant, il faut environ 6 heures de marche (et 40 € de guide) pour atteindre le cratère, à 2800 mètres d’altitude. L’autre particularité de l’endroit se vit chaque année, pendant la dernière semaine d’avril, ce sont les fêtes de Bandeira avec des courses de chevaux. L’explication est simple, c’est à Fogo que les baleiniers nord-américains faisaient escale pendant les campagnes de chasse. De mariage en immigration permanente, une bonne partie des bostoniens est d’origine capverdienne ! Cette tradition, bien ancrée est désormais au menu des festivités officielles de Sao Filipe, la capitale des lieux, petite bourgade de 600 habitants aux maisons coloniales restaurées avec soin.



Pratique vous aussi

Ce voyage a été réalisé avec Nouvelles Frontières. Séjour d'une semaine - 7 nuits en formule tout inclus, en chambre double au Paladien , avec vols Paris/Ile de Sal et transferts A/R. A partir de 899 € HT
Tél. 0825 000 825
www.nouvelles-frontieres.fr
1275 €* avec Terres d’aventure : Séjour de 8 j/6 n au départ de Paris sur les îles de Sao Vicente et de Santo Antao. Sont prévus 4j de marche à travers l’île de Santo Antao, avec entre autres une randonnée partant du cratère de Cova jusqu’à la vallée tropicale de Ribeira das Pedras. Découverte en passant à travers les vallées de la Ribiera Grande, de l’église de Coculi. Visite de villages, marchés et fabrique de rhum.
Transport des bagages par mules et véhicules. Les repas ne sont pas pris en charge le 1er et le dernier jour.
Tél. 0825 847 800
www.terdav.com


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