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Vacances Moyen Courrier


Par Jean-Marie Huët

Plongée en mer Rouge
C’est toujours la destination préférée des plongeurs, une référence pour les débutants comme les passionnés. C’est cette mer Rouge qui sert de terrain de jeux nautiques aux amateurs de séjours balnéaires, mais aussi aux amoureux de sables et de roches.

Elle est là. Posée sur le sable, par trois mètres de fond, sous l’auvent d’un corail. On se regarde. Méfiance. Elle, c’est la fameuse Taeniura lymna de la famille des Dasyatis, la pastenague. Une raie, quoi ! La « raie à points bleus ».Effectivement, toutes rondes, d’un beau bleu-nuit sur son corps chamois à peine distinct du fond de la mer, sorte de version sous-marine de l’avion furtif, ses taches l’ont trahie. Pas dangereux l’animal, dit-on. Mais, tout de même, ce dard pointé comme une dague dans son dos ! Il est temps, d’un coup de rein, palmes aux pieds, d’aller grâce au tuba, reprendre un bol d’oxygène à la surface. Et l’exploration peut repartir. Nous sommes à Ras Mohammed, « tête de Mahomet » en arabe. Ses fonds marins sont un jardin d’Eden. A quelques mètres sous la surface, de véritables jardins foisonnent de coraux multicolores en table, en feuille, arborescents comme des « gorgones » géantes ou en jupe rouge telle la « danseuse espagnole ». A la pointe de la presqu’île du Sinaï en Egypte en mer Rouge, au confluent des eaux des golfes de Suez et d’Aqaba, le Parc National de Ras Mohammed et les sites de plongée de Charm el-Cheikh sont considérés comme l’une des plus belles destinations de plongée du monde. A juste titre.


Voir, nager, s’étonner

Les séjours plongée sont multiples, c’est une spécialité locale. Nouvelles Frontières propose une très classique escapade de 7 nuits avec explorations sous-marines, de tous niveaux, à partir de 10 ans. Du débutant (brevet d’Open Water Diver) à l’instructeur (diplôme de Divemaster), les formations se font en partenariat à des conditions préférentielles avec le « Red Sea Diving College », l’un des premiers centres du monde, qui a obtenu la plus haute distinction PADI, la « Professional Association of Diving Instructors », l’organisme international qui règlemente et contrôle les meilleurs clubs de plongée de plus de 60 pays.
Le « College », toujours à la pointe, a créé de toute pièce l’année dernière un récif artificiel qu’il a bourré d’amphores afin que s’y fixe toute une population de coraux et de poissons tels que les « demoiselles », petits poissons colorés à l’instinct grégaire, et le poisson-lion, plus solitaire, dit « rascasse volante », pas bien gros, un peu fashion victim et beau comme un astre avec ses voiles bariolées. Assez redoutable pourtant à cause de ses épines venimeuses.
Les vacanciers moins physiques, plus près de leur transat et de leur parasol -sans renoncer pour autant à la plongée avec tuba ou bouteilles- préfèreront la formule «Tout compris» d’un hôtel comme le Paladien Mirabel Park à Charm el-Cheikh. A vingt minutes de la ville et 500 mètres de la plage, avec ses jardins immenses, plantés d’hibiscus et de bougainvilliers, ses grands bâtiments bas couleur sable dans le style mauresque, s’enroulant autour d’une piscine grande comme un bassin olympique, le Mirabel a quelque chose d’un palais des Mille et Une Nuits. Surtout lorsque, le soir venu, après un bon massage (300 livres égyptiennes, soit 48 euros) l’on s’assied dans la grande tente bédouine installée sur la plage. On s’y délecte paresseusement d’agneau et de poisson, au son d’une musique toute en arabesques, les yeux pleins de danses orientales. La moins émoustillante d’entre-elles n’est pas la danse du ventre, exécutée -avec quelle grâce !- par une jeune égyptienne dont le corps souple et délié n’évoque que de très loin les formes rebondies de ses lointaines aînées.


Une plongée dans l’histoire

Sur la route qui abandonne Charm el-Cheikh et file plein nord dans le désert du Sinaï, «56 000 km2 de rien», comme dit le guide, on est bien content, au bout d’une heure de car sous le soleil implacable, de faire une halte en un lieu sans nom. Une excavation au pied d’une grande falaise toute blanche, au milieu d’un horizon tout blanc de poussière blanche. Un thé à la menthe est servi bouillant par une poignée de bédouins sortis de nulle part. Encore deux heures de soleil de plomb sur une route . Des petits tas de granit déchiqueté deviennent des collines jusqu’à grandir en une formidable montagne. Elle sépare le visiteur du Mont Sinaï (2 285 mètres), une montagne aux multiples noms : Mont Horeb de la Bible, djebel Moussa des Egyptiens, le mont Moïse où le prophète reçut de la divinité des Juifs et des Chrétiens les Tables de la Loi, les Dix commandements.
Au pied de ce géant à la pourpre cardinalice, au fond d’une vallée en pente douce à 1570 mètres d’altitude, Sainte- Catherine. Le plus ancien monastère de la chrétienté, un monastère orthodoxe, préservé par la volonté des hommes pieux des trois religions monothéistes plus que par le miracle de leur dieu. « On ouvre devant nous les deux battants d’une porte de cèdre, qui fut sculptée il y a treize cents ans, - et nous entrons dans les étonnements de ce lieu unique au monde, que sa situation au désert a préservé des révolutions, des pillages, de toutes les retouches humaines, et qui est à peu près demeuré tel que le fit construire en l’an 550 l’empereur Justinien », écrivait Pierre Loti, à son propos lors de son voyage au Sinaï en 1894. Cent ans plus tard, Jean-Jacques Joubert, un intellectuel français de haute volée, après avoir peu à peu délaissé les idées athées de son adolescence, se fait moine orthodoxe et reçoit le privilège d’entrer à Sainte-Catherine. Les moines n’y sont plus que vingt-quatre aujourd’hui, et à peine peut-on en apercevoir deux ou trois, affairés et fuyant les touristes à l’heure des visites. On a beau les entrevoir furtivement, ils semblent répondre à la description qu’en a faite le moine français dans son ouvrage « Journal d’un Sinaïte – Moine français au Monastère Sainte-Catherine » publié en 1994 chez l’éditeur L’Harmattan : « Il faut savoir que la vie monastique est épuisante et que les moines connaissent un état de fatigue permanent dont les stigmates se lisent sans peine sur les visages tirés et parfois cadavériques d’aspect».
Mais nous, que l’ascétisme ne fait pas forcément délirer -n’est-ce pas ?- nous qui aimons les bonnes et belles choses de la vie ici bas, nous franchissons les hauts murs de la forteresse et entrons dans le monastère avec un œil impressionné c’est certain, mais serein. Nous nous contentons d’être à coup sûr ébahis par les innombrables icônes byzantines rutilantes d’or de l’église et du musée, et nous nous laissons émouvoir sans conteste par la Chapelle du Buisson Ardent, érigée à l’endroit même où Moïse, dit le texte sacré, vit le buisson brûler sans se consumer.


Les pèlerins du shopping

De retour au XXIème siècle, une fois redescendu des hautes sphères spirituelles… au niveau de la mer à Charm el-Cheikh. La ville romantique s’est transformée en une station de vacances, mais elle a gardé un charme oriental grâce à sa très classique promenade, le long de la mer (7 kilomètres pour les plus acharnés). Na’ama Bay est la baie la plus importante (5 euros A/R la navette depuis l’hôtel Mirabel), on s’adonne à ses bonnes activités bien terre à terre, et si délicieuses, du shopping dans l’enfilade des boutiques qui émaillent les rues piétonnes et ombragées de la ville blanche: Hussein Salem Street, Fareed Ezat Street et surtout King of Bahrein Street. Difficile de donner une bonne adresse car à chacun ses goûts et dans les souks, le plus mauvais est aussi le plus répandu… Papyrus, cartouche en or ou argent gravée à votre nom, objets en cuivre, en cuir et épices, cotonnades égyptiennes (made in China pour certaines…). Faire le tri et ne pas oublier de marchander, non sans avoir demandé auparavant des références de prix au guide, toujours de bon conseil. Les euros sont acceptés par tous les commerçants.
Ensuite et juste à temps, on s’installe face à la baie, sur la terrasse de « La Folie », le bar restaurant de l’Iberotel Lido (Tel. : + 20 – 69 – 360 2603) pour siroter son cocktail préféré, puis manger de la langouste fraîche et tendre (15 €). Face à la baie et devant l’horizon vide, en rêvant au grand désert.


Pratique :


puce Partir

Avec Egypt’Air 1 bis, rue Auber, 75009 Paris, tél. :
01 44 94 85 33 Fax : 01 44 56 08 62 www.egyptair.com.eg, vols directs quotidiens au départ de Paris-Orly-Sud pour Le Caire, puis vols intérieurs Egypt’air pour Charm el-Cheik. Il existe aussi des vols charters directs Paris-Roissy- Charm el-Cheikh autour de 300 euros selon la saison, et des départs de province. Il est impératif, cependant d’en comparer et d’en vérifier les dates de départ, les horaires et les prix, afin de se mettre à l’abri de mauvaises surprises de dernier moment. Durée approximative du voyage aérien depuis Paris : 4,5 heures

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Hôtels

Mirabel Beach Resort, Nabq Bay, P.O. Box 377, Charm el-Cheikh, South Sinai, Egypte; tél.: +20 69 371 03 71 reservation@mirabelresort.net
Iberotel Lido, Naama Bay, Charm el-Cheikh, Egypte, tél.: +20 69 360 26 03 www.iberotel-eg.com

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Formule «tout compris» 

Nouvelles Frontières : 7 nuits en chambre double, formule tout inclus à partir de 590 euros, avec vol Paris-Charm el-Cheikh A/R, visa, transferts, logement à l’hôtel « Paladien  Mirabel Park **** » à 500 mètres de la plage, à 10 minutes de l’aéroport et 20 minutes de la ville. Renseignements et réservations :0 825 000 825 (0, 15 euro la minute) ou dans les agences Nouvelles Frontières.

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Plongée

Le Club “Red Sea Diving College” à Naama Bay, Charm el-Cheikh www.redseacollege.com. Nouvelles Frontières fournit depuis la France des prestations à des prix baissant de 5 à 10% par rapport au prix offerts sur place.

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Formalités

Il faut être titulaire d’un passeport valide au moins 6 mois après l’entrée en Egypte. Depuis peu, la carte d’identité nouvelle version à lecture optique suffit, à condition d’apporter deux photos d’identité identiques. Le visa est obligatoire, il est valable un mois, et s’obtient à l’arrivée à l’aéroport. Coût 28 euros, délivré sous forme de timbres vendus à l’aéroport. Si vous êtes attendu par un tour-opérateur, on s’en chargera pour vous. Ce visa est valable partout en Egypte.

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A lire

- Les guides Egypte Hachette, du Routard, Petit Futé…
- « Les 100 plus belles plongées en mer Rouge » (Edition limitée) aux Editions GAP 2 rue du Marais –ZAC du Puits d’Ordet 73190 Challes-Les-Eaux Chambéry France
www.gap-editions.fr
- « Le désert » de Pierre Loti, Petite Bibliothèque Payot (sur son voyage en 1894 au Sinaï et la relation de sa visite au monastère Sainte-Catherine.)
- « Journal d’un Sinaïte – Moine français au Monastère Sainte-Catherine »  par Jean-Marc Joubert, Editions l’Harmattan. Journal saisissant de la vie quotidienne d’un moine français qui a passé deux ans au monastère où il a reçu la visite du Président François Mitterrand.

 

 


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