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Mes 36 premières heures…


Par Coralie Pascaud

A Essaouira, la ville dans le vent
Contrairement à Marrakech qui s’est largement « européanisée », la ville marocaine d’Essaouira conserve le charme des Médinas encore préservées du monde occidental. Ses riads, ruelles et surtout son atmosphère chaleureuse en font une destination dépaysante pour un week-end, au moins..

Jour 1

puce 08H00 Arrivée à… Marrakech. C’est le prix à payer pour avoir pris une compagnie low-cost (la marocaine Jet4you, : à partir de 30 € pour un Paris-Orly/Marrakech, www.jet4you.com). Le vol depuis Paris a été rapide, un peu plus de 3h, mais la fin du trajet se fait en autocar (avec Supratours 6,5 € à prendre à la gare ONCF, avenue Hassan II à Marrakech tél: +212 44 43.55.25 et www.supratours.ma). Pour parcourir les 174 km,il faut compter environ 2 heures 40… réévaluées à 3h au moins, car le chauffeur a prévu de petites escales sympathiques chez plusieurs de ses connaissances : un cafetier pour goûter aux premières crêpes marocaines du séjour, un marchand de tapis… Sur la route, le paysage défile. Des bergers ont perché leurs brebis dans les arganiers, des arbres tout tordus sur le bord de la route. Les touristes sont bien évidemment invités à les prendre en photo. Fort opportunément, des bouteilles de la fameuse huile d’argan sont à vendre (5 € le demi-litre).

puce 11H00-12H00, suivant les jours… Arrivée à Essaouira, le petit port sur l’océan Atlantique, l’ancienne Mogador. Protégée par des remparts à la Vauban du XVIIIème siècle, murs blancs et terrasses sur toutes les maisons, ruelles animées, la petite ville prend sous son charme. Surprise, un petit pull s’impose sur les épaules car le « fils du pays » - surnom donné par les Souiris au vent qui s’engouffre toute l’année dans les rues de la ville – qui garantit habituellement un climat doux et agréable, souffle aujourd’hui un peu fort malgré le grand soleil.

puce 13H00 Avant de découvrir un peu plus la ville, étape restaurant et c’est d’ailleurs en plein soleil – avec une chaleur atténuée par le vent – que l’on s’installe sur la terrasse avec vue sur la mer du restaurant « Côté Plage » de l’hôtel Sofitel (Avenue Mohamed V, Tél.: +212 24 47 90 00). Le chef est un amoureux de la diététique et prépare à la demande des mets plus étonnants les uns que les autres : rouleaux de printemps au chèvre et saumon fumé; salade de crevettes royales aux copeaux d’avocat; filet de saint-pierre snacké, févettes et purée à l’huile d’argan beurre d’huîtres; tuile croquante, mousse légère au chocolat, glace réglisse et café vanille en chaud froid...

puce 15H00 Une fois reposé, il est bien temps de visiter la Médina. Aziz, un Souiri, est fier d’Essaouira qui a su rester « une ville traditionnelle, contrairement à Agadir ou à Casablanca », dit-il. Les ruelles colorées multiplient les étals. Artisanat, pâtisseries orientales et de nombreuses galeries d’art. L’endroit a en effet séduit les plus grands artistes, peintres et potiers, ou même des cinéastes comme Orson Welles qui a tourné dans la vieille ville quelques scènes de son « Othello ». La porte entr’ouverte des riads donne un aperçu de la vie à la marocaine: toute la famille élargie vit dans ces maisons traditionnelles dont les étages entourent un jardin central. A Essaouira comme dans tout le Maroc, elles se transforment de plus en plus souvent en maisons d’hôtes, très appréciées des touristes qui souhaitent « s’immerger » dans l’atmosphère de la Médina : le Riad Marosko (à partir de 50 € la nuit, 66 impasse, rue d’Agadir, 44000 Essaouira, Tél. : +212 24 47 54 09, www.essaouiranet.com/riadmarosko), le Riad Al Madina (à partir de 53 € la nuit, 9, rue Attarine 44000 Essaouira, Tél. : +212 24 47 59 07, www.riadalmadina.com) ou la Villa Maroc (à partir de 85 € la nuit, 10 rue A. Ben Yassine, 44000 Essaouira, Tél. : + 212 44 47 61 47, www.villa-maroc.com).

puce 16H30 Balade le long de la grande artère marchande qui conduit de Bab Marrakech, sous les arcades, jusqu’au port lui même, en passant par la Porte de la Marine datant du XVIIIème siècle. A cette heure, la criée du matin, l’essentiel du spectacle, est terminée depuis longtemps mais les pêcheurs réparent leurs filets bleus et rouge foncé. Les petits restaurants, autour du bassin, font déjà griller les sardines.

puce 18H00 Au retour, petit arrêt à L’Heure Bleue, un Riad où il est possible de prendre un verre, à l’abri de l’agitation extérieure (2 rue Ibn Batouta, Bab Marrakech, Tél. : +212 24 78 34 34, www.heure-bleue.com). La lumière est tamisée, et l’on s’installe confortablement dans les divans aux coussins moelleux. Le pianiste se fait un plaisir d’interpréter des morceaux français mais l’exotisme est dans le verre avec un Délice Coco (lait de coco, jus d’ananas, pêche et sirop d’orgeat, 9 €). Le tout servi avec de nombreuses petites choses à grignoter : des croûtons tartinés de tapenade d’olives noires, du concombre au fromage frais, des chips maison.

puce 20H00 Changement de décor pour le dîner, que l’on prend à Dar Loubana, un établissement tenu par un couple de… Français (24, rue de Rif, Tél. : +21224 47 62 96). Tant qu’à faire, on commande une « pastilla » au poulet et aux amandes, la spécialité marocaine (75 DHS, environ 7,5 €). Tous les plats présentés sur le menu sont réalisés par des cuisinières marocaines, qui « cuisinent beaucoup mieux que les hommes, car elles sont habituées à faire de la cuisine familiale », explique Hélène Dulac, la propriétaire des lieux. Le décor est typique. Pour un moment encore plus folklorique, il faut venir le samedi quand la confrérie gnaoui fait son spectacle. Les musiciens Gnaouas, vêtus de leur costume rouge vif et de leur bonnet à pompon qui virevolte au rythme de la musique, entonnent alors leurs chants traditionnels au son de trompettes étranges. Sonore, mais dépaysement assuré.

puce 23H00 Il paraît que c’est difficile de dormir dans la Médina même, à cause notamment de l’appel à la prière dès l’aube. Prudents sont ceux qui choisissent de résider en bord de mer à l’Hôtel Sofitel (Bd Mohamed V, Tél.: +212 24 47 90 00), un hôtel luxueux, pas vraiment typique même si l’odeur de fleur d’oranger enveloppe dès la réception. Les chambres sont grandes et lumineuses, la salle de bain confortable (à partir de 2580 DHS la nuit, soit environ 260 €). L’établissement est réputé pour sa thalassothérapie, et les nombreux soins proposés comme le fameux « gommage traditionnel au savon noir » (200 DHS, soit 20 €).


Jour 2

puce 09H00 Après un petit déjeuner tout à fait continental à l’hôtel, face à la mer, retour à pied en quelques minutes à la Médina. Le souk aux bijoux a bonne réputation. Déception : la plupart des pièces ne sont plus fabriquées sur place, les bijoux ont été importés. Les commandes, du Roi comme des particuliers, sont devenues rares. D’autres boutiques sont cependant de vraies cavernes d’Ali Baba artisanales comme la Galerie La Kasbah qui expose tapis, poteries et portes sculptées (4, rue Tetouan, 44000 Essaouira, Tél. : +212 24 47 56 05). Il est aussi possible de ramener des souvenirs plus discrets, comme un petit dromadaire en bois (à partir de 1 €), une jolie boîte en bois décorée (4 €) ou une simple tunique (environ 10 €, pour hommes et femmes). Il est possible de payer en dinars comme en euros… et il faut tenter de marchander, pour ceux qui savent s’y prendre !

puce 11H00 Le chef du Sofitel a révélé ses bonnes adresses. Pour ses épices, il se rend chez Mohammed, qui tient une petite boutique derrière le marché. Sur son présentoir trônent des pyramides d’épices colorées et aux senteurs incroyables. Dans l’arrière-boutique, une table basse entourée de bancs permet de recevoir les clients. Mohammed fait une démonstration et présente tous ses produits, sans exception : safran, cumin, poivres et élixirs que Mohamed prépare lui même. Le visiteur venu pour la fleur d’oranger devra tester tous les autres produits avant !

puce 13H00 Pour le déjeuner, petit taxi (15 €) direction Moulay Bouzerktoune, un petit village de pêcheurs situé à 25 km au nord d’Essaouira, connu par les windsurfeurs comme l’un des meilleurs spots du coin, exposé à l’Alizé de Nord-Est. Les planches à voile sont à l’eau, spectacle magnifique. Fettah Ahlamara, un jeune windsurfer marocain, tient avec sa femme (Française) le restaurant Dar Lawama qui propose une cuisine familiale délicieuse, avec de grands plats de couscous à la viande et aux légumes. Délice et charme, avec vue panoramique sur la mer.

puce 15H00 Sur la plage de sable fin, le visiteur n’a pourtant pas envie de lézarder ! Avec le vent, il fait frais et l’eau est glacée ! Les windsurfeurs assurent le spectacle en exécutant des figures incroyables sur les vagues. Avec un peu de chance, Boujmaa Guilloul se montrera peut-être: le champion de windsurf du Maroc est un personnage attachant, toujours prêt à parler de sa passion. Les plus téméraires peuvent organiser un séjour comprenant des cours de windsurf, proposé par l’agence Dakhla Aventure (www.dakhla-aventure.com) en partenariat avec l’Office National Marocain du Tourisme (www.tourisme-marocain.com).

puce 20H00 A l’extérieur d’Essaouira, un nouvel endroit caché du monde, la Résidence Dar Mimosas. La maison de charme propose petites villas et suites dans un jardin d’Eden fleuri, doté de cyprès et pins parasol (à partir de 250 € la nuit, Dar Mimosas, Route d’Agadir, BP 133, Essaouira Tél.: +212 44 47 59 34). Philippe Cachet, le propriétaire des lieux, est un Français d’origine qui se sent Marocain dans l’âme, et parle de cet endroit – et d’Essaouira en général – avec amour. Le restaurant se trouve en terrasse, pour mieux profiter de l’environnement luxuriant (à partir de 25 € le repas). A goûter : la pastilla au poisson, le tajine de dorade et la fameuse tarte à l’orange. Au delà de ses remparts et de son charme, Essaouira a un secret à faire partager : sa table.



Ils y vont

puce A partir de 541 € TTC avec Royal Tours, les vols directs, les transferts et les 3 nuits au Riad Al Madina, une maison privée devenue hôtel de charme dans la Médina, proche de la plage, en demi-pension. Renseignements Tél. : 01.41.06.40.99 et www.royaltours.fr



 


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