Hong Kong, un shopping très Chinois De sa longue période anglaise, Hong Kong a gardé la conduite à gauche, des bus à impérial, l’heure du thé au mythique hôtel Peninsula et son hippodrome. Mais heureusement pour les voyageurs, les chinois sont aussi restés commerçants dans l’âme. Un mélange détonnant pour des îles où nature rime avec business.
Au premier abord, et au vu des images diffusées sur la ville, Hong Kong apparaît urbaine, grouillante au sens noble du mot, sans cesse en activité. C’est la face visible d’un iceberg constitué de plus de 235 îles dont à peine une petite centaine est habitée. On le sait peu, mais plus de 75% du territoire de Hong Kong est constitué de campagnes et de parcs. Les connaisseurs expliquent même que c’est aujourd’hui l’une des plus belles régions de randonnées en Chine. Avec ses 7 millions d’habitants, et un relief difficile, le territoire a donc naturellement capté la population autour d’une baie qui abrite l’un des plus grands ports d’Asie. L’île de Hong Kong et, en face, Kowloon -porte d’entrée vers les nouveaux territoires qui délimitent la frontière avec la Chine- attirent près de 15% de la population avec une densité à Mong Kok, un district de la ville, supérieure à 362 000 habitants au kilomètre carré. Un record mondial !
Une ville très commerçante
19 heures à peine, le marché de Temple Street se met en place. A quelques pas de la plus grande artère de Kowlonn, Nathan Road. Cette petite rue devient chaque soir le paradis des acheteurs. Son marché de nuit, réputé dans le monde entier, a toujours donné le La de ce qui se fera demain dans le reste du monde. Caméra sans fil de la taille d’une tête d’épingle, tee-shirts lumineux, jeans… : tout ce qui se vend en Chine (et demain en France) est sur ce marché qui se termine à minuit pile ! Depuis qu’il existe, Temple Street n’a jamais fermé sauf…. les jours de pluie. Il s’agit d’un marché de plein air et, dans ce cas, seuls les commerçants sédentaires installés sur les côtés ouvrent leurs portes. D’autres marchés de Hong Kong méritent le détour. En cette période de grippe aviaire, on ne peut pas trop conseiller le marché aux oiseaux. Et pourtant, il fait partie intégrante de la tradition chinoise, où un bel oiseau est, selon le proverbe, « source de bien de belles vies ». Plus classique, voire plus touristique, le Marché de Jade se visite en une petite heure. Toutes les pierres présentées ne sont pas forcément vraies et les experts installés sur le site font parfois preuve de légèreté. Enfin, souvent présenté dans les guides comme authentique, Stanley Market, situé à une heure de bus du centre-ville, est loin d’être aussi original que veulent bien le dire certains guides qui, visiblement, n’y ont pas mis les pieds depuis des années. A faire uniquement pour la balade qui longe les très rares plages de l’île de Hong Kong et donne une idée de ce que « villas de très grand luxe » veut dire.
Hong Kong, la mode
Rendu à la Chine en 1997, Hong Kong a dû apprendre ce que le mot concurrence veut dire. Un temps bousculé par Shanghai, présentée comme la nouvelle capitale des affaires, Hong kong a perdu quelques repères avant de revenir à la une de l’actualité du shopping. C’est du côté de la mode que la mutation a été spectaculaire : dix écoles de stylisme, un peu plus de
160 jeunes créateurs et des boutiques très tendance, il n’en fallait pas plus pour que la ville donne le ton de la mode asiatique. Porte-drapeau de ce renouveau : Shanghai Tang (Pedder Building 12, Pedder Street Central). Une enseigne aujourd’hui présente dans le monde entier. Elle a gagné ses galons grâce à ses collections très « sino-kitsch », des vêtements d'influence très chinoise mais avec une touche de modernité. La marque s'est particulièrement inspirée du Shanghai des années 1920-1930, époque qui mêlait demi-monde et raffinement. Les créateurs subliment les matières et ajoutent une petite touche européenne dans le choix des boutons ou le travail des revers.
Autre belle adresse de la ville : Qeelin (8 Finance Street Central), un bijoutier chinois de luxe qui fit ses débuts à Paris. Joaillier fétiche de Maggie Cheung, Qeelin apporte une fraîcheur contemporaine à l'art chinois. Il a ouvert sa première boutique en Asie, dans la galerie marchande IFC. Ses créations sont considérées comme des icônes d'art chinois moderne.
Impensable d’éviter Sam's Tailor (Ground Floor, Burlington Arcade, 94 Nathan Road, Tsim Sha Tsui, Kowloon), le meilleur tailleur sur mesure de tout Hong Kong qui, malgré sa renommée et la qualité de ses clients (Présidents des Etats-Unis, hommes politiques français, têtes couronnées...) a su garder des prix encore très légers (compter environ 300 euros) pour un costume. A quelques pas de là, au niveau du 110 Nathan Road, il faut se faire faire ses chemises sur mesure (12 euros pièce). Si vous n’avez pas le temps d’essayer, apportez lui votre chemise préférée, elle sera copiée à l’identique. Un must avec initiale sur demande.
le sens du design
Présentés souvent, et très hâtivement, comme de simples copieurs, les asiatiques innovent en permanence dans l’univers du design. A l’opposé de ce qui se fait en occident, les jeunes créateurs s’inspirent très fortement de leur histoire pour proposer des objets voire des meubles d’une grande originalité. GOD (G/F and I/F, 48 Hollywood Road, Central), est l’abréviation de Goods of Desire. Le concept de cette boutique très tendance est "pour vivre mieux". Son créateur, Douglas Young, a fait de l'enseigne une fusion de tradition et de modernité pour que chaque hongkongais puisse s'identifier à GOD. Meubles contemporains, accessoires lifestyle, des articles sublimes pour embellir son intérieur ! Depuis deux ans, les créateurs de Shung travaillent uniquement sur des objets de la vie quotidienne. Aujourd’hui proposés chez GOD, leurs objets sont devenus des musts de la vie quotidienne. L’exemple le plus marquant : un dessous de plat en tuiles laquées rouges et noires. Moins de 12 euros. Superbe.
Appliu Street et Tulip Center
L’électronique reste, bien évidemment, l’une des grandes vedettes d’un shopping à Hong Kong. C’est dans le quartier Sam Shui Po que l’on trouve tout le high tech du monde. Apliu Street est, à la sortie du métro, la rue des téléphones portables. Bonne nouvelle : les téléphones vendus marchent en France car ils utilisent le même type de puce et de code PIN pour fonctionner. Et côté tarifs, les économies sont de 20 à 60% selon les modèles. Petit conseil, retirez la puce de votre téléphone et insérez là dans celui que vous souhaitez acheter. Un moyen simple de valider le bon fonctionnement de l’ensemble ! Près de 30% des modèles proposés ne sont commercialisés qu’en Asie et ne fonctionnent qu’en anglais et en chinois. Pensez immédiatement à faire passer le menu chinois en menu anglais… Vous ne le regretterez pas. Pour les modèles haut de gamme, si vous avez fait le choix de l’acheter à HK, faites vos courses dès votre arrivée : vous aurez ainsi deux ou trois jours de test grandeur nature. Demandez toujours les factures et validez le fait qu’il y a bien une garantie associée (en règle générale, elle est précisée sur la facture remise). Même décote de 30 à 60% pour l’informatique. Au Golden Computer Shopping Center (à côté de la station de métro Sam Shui Po D2, un immeuble qui fait le bloc complet !), les souris sans fil et autres gadgets dépassent rarement les 3 euros. Même les ordinateurs portables sont moins chers (environ 25%) à condition de commander la version avec clavier Azerty (et non Qwerty comme livré sur place).
Bien sûr, après dix années de rattachement à la Chine, Hong Kong a changé : la règle « un pays, deux systèmes » est bien en place, le dollar de Hong Kong reste en vigueur et non le Yuan, comme en Chine. Mais comme en Chine, les règles du commerce mondial s’appliquent progressivement. Finies les ventes sauvages de marques (Lacoste, Klein, Chanel ou Vuitton). Oubliés les logiciels copiés que l’on achetait sous le manteau. Désormais la ville se veut respectable et traque la copie. Mais Hong Kong garde ses atouts propres. Comme les modes sont passagères, et suivies à grande échelle, des magasins entiers de sacs ou de vêtements de seconde main permettent aux amateurs de trouver à moitié prix des Vuitton, Prada et autres marques dans un état plus que parfait. S’adapter et non subir, la devise de Hong Kong la Chinoise reste toujours d’actualité.
Pratique, y aller
En avion : 12 heures de vol au départ de Paris. Décollage vers 13h30 pour un atterrissage à 6h30 du matin heure locale… La première journée sur place est physiquement difficile. Attention : pas de sieste, visite et shopping immédiats pour éviter de traîner le décalage horaire pendant tous le séjour ! Cathay Pacific assure 10 vols par semaine sans escale entre Paris et Hong Kong : un vol quotidien complété du 1er juillet au
31 octobre 2006 par 3 vols supplémentaires par semaine. La compagnie propose un véritable service complet de réservation, d’enregistrement sur internet et de messages sur emails et portables pour réserver son billet, confirmer sa place, s’enregistrer soi-même ou encore choisir son siège. Cathay Pacific France offre également la possibilité à ses passagers de la Classe Economique à destination de la Chine, l’Australie et la Nouvelle Zélande (sur demande lors de la réservation) de bénéficier gratuitement durant la journée de deux salons « Plaza Premium ». A l’exception des divertissements (un ou deux films à peine en français), rien ne manque au confort du passager en classe économique comme en business. Les repas sont de très bonne tenue et la présence d’un snack pendant tout le vol est un petit plus pour faire passer le temps. A partir de 698 euros A/R en classe éco, 3 656 euros A/R en business. Réservation sur Paris :
01 41 43 75 75 - Province : 0820 560 060 Décalage horaire : en été, 6 heures de plus qu’à Paris.
Formalité : aucune, passeport en cours de validité.
Un festival pour faire ses courses
Dès le 24 juin, le compte à rebours du Festival du shopping sera lancé : 69 jours (soit jusqu’au 31 août) pour courir les magasins et profiter de soldes les plus folles, pouvant atteindre jusqu’à 80% tant sur la mode, la beauté, la joaillerie, l’horlogerie, les produits high-tech que les articles traditionnels chinois. Moment très attendu de ce Shopping Festival : la Grande Tombola. Pour tout achat à partir de HK$300 (environ 30 euros), le client reçoit un coupon lui permettant de participer à cette grande loterie où des prix fabuleux seront mis en jeu dont une montre d’une valeur de HK$500.000 (environ 50.000 euros !).
Quelques bonnes adresses entre deux courses
Manger au Top Deck (Jumbo Kingdom, Shum Wan Pier Drive, Wong Chuk Hang, Aberdeen), sur le pont supérieur du célèbre restaurant flottant « The Jumbo ». Ce nouveau lieu « lifestyle » propose une carte étonnante, essentiellement basée sur des produits de la mer mijotés avec la plus grande originalité. Le design du restaurant est basé sur un subtile mélange de tradition et modernité.
Prendre un verre au Mo Bar (5 Connaught. Road, Central) dans le tout nouvel hôtel Landmarck Mandarin Oriental, le Mo Bar fait déjà parti des lieux incontournables de Hong Kong. Ce lieu cosy, ouvert de 7 heures à 2 heures du matin, possède une dominante lumineuse rouge, produite par un cercle mural, symbole d'émotions partagées en chinois.
Manger et voir au Dragon I (UG/F, The Centrittrn, 60 Wyndham Street, Central) ouvert en novembre 2002, c’est un restaurant qui pratique une cuisine fusion entre traditions et modernité. Le design minimaliste oriental se combine avec de magnifiques meubles contemporains. La carte, exquis mélange de cuisine chinoise et japonaise, est une pure merveille... Le Dragon I est le lieu où il faut être vu à Hong Kong : de nombreux people, tant aussi bien nationaux qu'internationaux, apprécient les charmes du lieu...
Chinoiser au Hutong (28/F One Peking Rd. Kowloon) qui a construit sa carte autour d’une cuisine du sud, celle de Shangai. Epices et saveurs relevées sont au menu d’un établissement qui pratique à merveille les vapeurs sous toutes les formes. Point fort, un lieu très cosy et cossu dont le design mélange subtilement tradition et modernité offre une vue splendide sur l'île de Hong Kong. Sa carte, élaborée par Calvin Yeung, propose des mets de Chine du Nord habilement accompagnés d'éléments plus contemporains. Le Hutong est l'un des lieux incontournables de Hong Kong.