Sur les pas de Lawrence d’Arabie L’ocre du désert du Wadi Rum, le rose de Petra et la blancheur d’Amman, les couleurs de Jordanie en font une étape vivante entre nature et culture. De la mer Rouge à la mer Morte, elle mérite une semaine de circuit sur les traces de Lawrence d’Arabie.
Les yeux bleus perçants dans un visage bronzé entouré du keffieh immaculé, la silhouette immense du héros britannique hante les rochers du désert de Jordanie. Si le film aux 7 oscars de David Lean a quelque peu magnifié la vie de l’espion britannique qui a aidé les arabes à lutter contre les Turcs, il rend bien les paysages fantastiques du désert ocre. « Vaste, retentissant, divin », sont les mots utilisés par Lawrence d’Arabie pour décrire le Wadi Rum (ou Ram). Magnifique désert aux teintes irisées, c’est un lieu réellement magique, situé à l’est d’Aqaba, surgi d’un choc de plaques tectoniques à l’ère tertiaire et c’est aujourd’hui l’un des plus hauts déserts du monde, à 1000 mètres d’altitude en moyenne. Même en plein été, le vent permet d’y maintenir une certaine fraîcheur à l’ombre. Le Wadi Rum est très large, c’est une vallée sèche de sable bordée de falaises de grès rouge sur un socle de granit. Elles ont pris des formes bizarres, qui se sont érodées sous l’action du vent et des variations de température entre le jour et la nuit. Toutes les offres de randonnée, de campements et même un musée très explicatif à la scénographie moderne se retrouvent dans un point d’accueil à l’entrée du Wadi Rum, le « Wadi Rum Visitors Center » très bien indiqué sur l’autoroute Nord-sud qui va d’Aqaba à Amman et au-delà en Syrie. Les campements pour touristes sont relativement nombreux, du plus authentique (le Captain’s Camp, aux tentes de nomades…aménagées, pour le confort des touristes) aux plus improbables tentes canadiennes vaguement protégées par une falaise. Ce sont des familles jordaniennes issues des peuples nomades qui exploitent ces installations, et il est vrai que le rendez-vous au coin du feu sous les étoiles sait être magique. Les chameaux mis à disposition permettent de se prendre pour le fameux Lawrence une fois le rythme pris. Le pas est lent, on admire le ballet du sable soulevé par le vent. Pour les plus pressés, les excursions en 4x4 permettent aussi de partir à la découverte des nombreuses inscriptions thamoudéennes, l’écriture propre à la péninsule arabique et aux régions voisines mais également des gravures rupestres et des inscriptions nabatéennes.
Pétra la sublime
La vision théâtrale du principal temple de Pétra, apparaissant après une longue marche dans le défilé du Siq a été maintes fois décrite, faisant dire au Capitaine Haddock « Tonnerre de Brest ! Un temple romain taillé dans le roc ! C’est formidable ! ». Et si les pages d’Hergé dans Coke en Stock vous ont inspiré, vous n’êtes pas le seul : Spielberg s’est laissé convaincre pour y tourner son Indiana Jones et le Temple maudit, et les mémoires de Lawrence d’Arabie (encore lui !) disent les merveilles d’un site qui mérite qu’on prenne un guide francophone (oui oui, il y en a quelques-uns) à l’entrée pour ne rien rater du Royaume des Nabatéens. Ce premier temple, le Trésor, qui apparaît après le canyon creusé par l’eau , est l’étape inratable du site qui se déploie ensuite en théâtre, temples, tombeaux et puits, voie royale et autres vestiges. Les façades creusées dans la roche rouge, les fresques des bas-reliefs, les dalles du 3ème siècle de la route, les ingénieux systèmes de barrages et de circuits d’eaux, il y a partout de quoi inspirer des Oh et des Ah d’admiration. Et un coup de chapeau au peuple de nomades qui a su installer en plein désert une ville qui a compté sans doute 200 000 habitants à son apogée, lorsqu’elle était une étape de la route de la soie. Les romains puis les tremblements de terre n’ont laissé subsister que la partie sainte de la ville nabatéenne, les siècles ont eu raison du reste, et une infime partie est visible car le sable a tout envahi. Malgré ses 42 mètres de haut, le Trésor lui même n’apparaît pas dans sa totalité : 5 mètres au moins sont encore dissimulés à la vue, les premières fouilles ont fait apparaître les vestiges mais il faudra des fortunes…et davantage d’efforts que ceux qui sont actuellement déployés pour tout mettre au jour. Il est temps d’y aller : les touristes, japonais en tête, se permettent aujourd’hui de grimper allègrement sur les tombes sous les regards débonnaires des gardiens et des guides, au risque de tout endommager. Et si des équipes de chercheurs danois ou américains succèdent pour explorer ici ou là, au rythme des saisons et des crédits, aucun plan d’ensemble n’est déployé, si bien qu’il est inutile d’attendre que toutes les richesses soient découvertes…ou envolées pour s’y rendre…
Une vue sur l’Egypte !
Le site est ouvert de 9h à 18h. Attention : la vision magique de Pétra aux 1000 bougies (avec éclairage naturel et quelques spots habilement dissimulés) n’est organisée qu’une fois par semaine, le jeudi, à partir de 20h. Suggestion : arriver en fin d’après-midi dans la ville, commencer la découverte du site par la vision à la lueur des bougies et revenir le lendemain pour une découverte plus approfondie. Toute une matinée de découverte puis une étape déjeuner se présente tout au bout de la « rue » principale, au « Restaurant du Bassin ». A l’ombre des rochers, une étape fraîche et sympathique avec brochettes en terrasse. De quoi reprendre des forces pour la suite, l’ascension des 800 marches vers El Deir, le monastère, creusé lui aussi dans la montagne mais au sommet, avec une vue somptueuse quelques pas plus loin sur la Jordanie, la mer Morte, Israël voire, les jours de ciel dégagé, l’Egypte. La grimpette est rude, les marches inégales, mais quelle récompense ! Un thé à la menthe à la buvette improvisée en haut par un Jordanien qui parle français, anglais, italien ou espagnol selon la demande, et c’est la descente. Avec quelques arrêts devant les étals des femmes qui squattent le moindre repli du terrain pour exposer des bracelets, des colliers et autres breloques dont l’origine n’est pas garantie mais le prix imbattable : 2DJ en moyenne, le sourire des enfants en prime.
Amman la capitale
C’est le lieu d’atterrissage de tous les vols pour la Jordanie, c’est aussi la capitale, la ville administrative et une porte d’entrée sur le pays mais honnêtement, la ville aux 7 collines n’a guère d’attrait. Pas de souk à l’horizon, quelques maisons ottomanes se laissent admirer dans le quartier Jebel Weibdeh, l’un des plus anciens de la ville. Amman est le bon endroit pour prendre le pouls d’une population accueillante, tolérante, appréciant les touristes étrangers, n’insistant jamais quand le touriste remercie et refuse un service ou un souvenir. D’Amman, tout est à portée de main : la mer Morte, à 40 km, pour le traditionnel bain assis en lisant le journal, porté par la densité du sel (ce n’est pas qu’une photo, c’est la réalité !), Bethany, le site où Jésus aurait été baptisé, le Mont Nébo où Moïse aurait vu la Terre Promise à laquelle il n’a jamais pu accéder ou encore Jerash la magnifique, à une heure de route au Nord. Jerash, un site méconnu qui est pourtant l’un des plus remarquables de la Jordanie antique, une ville de commerce fondée par les grecs au 5ème siècle avant Jésus-Christ, qui est devenue un important carrefour de commerce sur la route de l’encens. Détruite comme tant d’autres par un tremblement de terre, elle a gardé un hippodrome, une place en forme d’éllipse superbe (habituellement elles sont rondes), un théâtre dans lequel 3 à 4 joueurs de cornemuse s’entraînent toute la journée pour faire entendre la qualité de l’acoustique…et recueillir éventuellement quelque obole.
Y aller
Longtemps boudée par les tours-opérateurs parce que les touristes eux- mêmes s’inquiétaient de sa situation géographique dans une région mouvementée, la Jordanie reprend de la séduction et les voyagistes sont désormais nombreux à programmer la destination. 1150 €* avec Fram : Itinéraire de 7n de la capitale au désert du Wadi-Rum en passant par Jerash, la mer Morte, Bethany et Petra. Pension complète, vols inclus avec Royal Jordanian. Tél. 05 62 15 17 90 www.fram.fr 1283 €* avec Aya : Voyage à deux en voiture climatisée avec chauffeur francophone. Au programme Amman, Jerash, Madaba, le Mont Nébo et la mer Morte, les Châteaux du désert et une journée complète à Petra. 7j/6n en demi-pension avec vols Air France, hôtels 4 étoiles, transferts, voiture avec chauffeur, entrées sites et musées compris. Tél. 01 42 68 68 00 www.ayavoyages.fr 1241 €* avec STI Voyages : Circuit de 7j/6n du Nord Jerash au sud Aqaba en passant par la mer Morte, Petra, les Châteaux du désert et le désert du Wadi Rum. Tél. 01 40 68 78 25 www.stivoyages.com A voir encore chez Allibert « Le désert pourpre », 9j/8n à partir de 1 245 € ou « Les Pierres d’Arabie », 14j/13n, à partir de 1 595 €
(Tél. 0 825 090 190 - www.allibert-trekking.com), chez Arts et Vie un circuit « Chemin des Nabatéens » 9j/8n à partir de 1 240 € ou, pour ceux qui ont beaucoup de temps, une plongée complète 26j/25n en « Route Caravanière » à partir de 3 040 € (Tél. 01 40 23 20 21 - www.artsetvie.com)
Pour une vision complète de l’offre disponible, le site de l’office du tourisme référence sur son site www.jordanie-tourisme.com une liste intitulée « choisir son voyage ».
* Prix à partir de
Informations pratiques
Un passeport (valable 6 mois après le retour) et un visa sont obligatoires pour les Français qui se rendent en Jordanie. Le visa peut se prendre à l’Ambassade à Paris ou, plus simplement, à l’aéroport et aux postes frontières (10 DJ, 12 euros)
Le décalage horaire est, toute l’année, d’une heure de plus qu’en France.
La monnaie : le Dinar Jordanien (1.20 € = 1 DJ)
L’été est…chaud en Jordanie, c’est un euphémisme. Les meilleures périodes pour visiter le pays se situent donc de février à Mai et de septembre à novembre. Cependant si vous êtes des aventuriers de l’été, sachez que l’altitude du désert du Wadi Rum permet d’y respirer toute l’année (d’autres informations sur les possibilités du désert sur le site internet www.captains-jo.com)