Kenya, le temps d’un safari Lions, zèbres, girafes ou éléphants sont souvent les premières images qui viennent à l’esprit lorsque l’on évoque le Kenya. Dommage, car on oublie les collines et les savanes à perte de vue, les forêts équatoriales et les sommets enneigés, les volcans éteints, les glaciers ou les déserts brûlants
Au Kenya, le tourisme est presque exclusivement concentré dans deux régions géographiques : les plages de la côte sud (150 km le long de la côte nord et sud de Mombasa) et quelques réserves et parcs nationaux, très surveillés. A une heure de décalage de Paris (+1h), après un vol de nuit de huit heures, c’est à Nairobi, la capitale que le voyageur atterrit. Buildings et bidonvilles ponctuent cette ville d’environ trois millions d’habitants, bien éloignée des grands parcs naturels tant attendus. Souvent, pour le visiteur, la découverte de Nairobi se fait en minibus. Moins de deux heures pour découvrir River Road, très commercial et animé, ou le musée des serpents ! Avant de reprendre l’avion pour les réserves, une halte au Norfolk Hôtel (+254-020-216940) renoue un court instant avec le passé de la cité. Au milieu des arbres, une vieille bâtisse coloniale construite en 1904 rappelle la présence des Anglais. Clients, ou simples visiteurs désireux de savourer un bon thé noir (environ 2 euros), tout le monde peut y rentrer. Murs en briques orange et plâtre blanc, entouré de vieilles calèches et d’arbres gigantesques, l’établissement est devenu un monument historique. Le must, un « lounge » qui ouvre sur le parc, sous d’anciens ventilateurs aux palmes gigantesques.
Une réserve privée
A trois quarts d’heures seulement de Nairobi, c’est dans un petit avion de quinze passagers, que le voyageur plonge au cœur de la région de Laekipia, l’une des plus réputées pour ses parcs animaliers privés. Dès l’aéroport, autruches sauvages, singes, antilopes, et zèbres de Grévy se promènent sans prêter la moindre attention au véhicule. Une sorte de « parade improvisée » qui donne le ton. Dans cette région, la seule au Kenya, le voyageur est autorisé à descendre de la jeep pour se rapprocher des bêtes. Attention, si les animaux sauvages côtoient les hommes, cela ne veut pas dire qu’ils les apprécient. Ainsi c’est à petits pas discrets, que l’on établit le premier contact avec la vie sauvage… appareil photo en mains. L’arrivée au Borana Lodge, à deux heures en voiture de l’aéroport, est un dépaysement total, au milieu de grandes plaines arides. Construit en bois comme le veut la tradition kenyane, chaque cottage est séparé d’environ cinquante mètres. Le cottage, au toit pointu fait de rondins et de paille, s’intègre dans l’environnement par un design épuré, sans fioriture. Un lit à baldaquin, des meubles en bois brut sur un sol en bois sombre. L’environnement est simple. Comme dans la plupart des lodges du pays. (chambre double : à partir de 450 $, tout compris - www.borana.com)
Se lever tôt, rien de plus naturel
Les passionnés de grasse matinée en seront pour leur frais. Le Kenya se découvre à l’aube. Départ entre 4h et 5h du matin pour un « game drive », une balade en 4x4 pour observer les animaux. La lumière est parfaite pour les photos, et c’est à cette heure de la journée qu’il est le plus facile d’observer la vie sauvage. Accompagné d’un guide local expérimenté, le spectacle est d’une rare beauté : girafes de Rothschild qui traversent le chemin suivies d’un troupeau de zèbres. Vieil éléphant qui commence sa journée par un repas de feuillages. Troupeaux de zèbres à l’affût du moindre bruit et, plus loin, jambes écartées pour leur stabilité, une quinzaine de girafes s’abreuvent près d’un lac. « La plupart des touristes s’étonnent de voir qu’elles ont une langue bleue » explique le guide en souriant. Après une pause pique-nique, avant la tombée de la nuit (vers 18 heures environ) la jeep se rapproche d’un point d’eau où devrait venir boire un troupeau d’éléphants. Trois bébés parviennent prudemment à atteindre l’eau et l’on perçoit nettement la crainte affective de la plus vieille femelle, chef du troupeau. Sans doute nous a t-elle senti dans son environnement. Anthony, le manager du Lodge qui connaît les techniques de « camouflage » arrive à apaiser cette femelle grâce à de petits bruits. Un spectacle émouvant, au milieu de nulle part. Mais l’aventure est loin d’être finie et c’est vers 19 heures, lampe de poche à la main, que le guide parvient à retrouver le lodge.
Le Mont Kenya s’impose à l’horizon
Vedette du pays, le Mont Kenya, le deuxième sommet le plus haut d’Afrique (5 199 m), est un massif volcanique situé à une quarantaine de kilomètres du Borana Lodge. Les deux heures de route dans les grandes plaines, aussi vertes et denses en végétation que jaunes et désertes, font oublier l’altitude : environ 2 000 mètres. Aujourd’hui, la pluie violente, après des mois de sécheresse, vient à peine de se terminer. Le spectacle est magique : le ciel est épais et sombre et les quelques rayons de lumière qui transpercent la couche viennent s’écraser sur l’herbe. Un panaché de couleurs vite immortalisé par les voyageurs. C’est d’ici que l’on part pour le Sanctuaire privé de Sweetwaters (environ 10 km). Objectif, les lions. C’est au fond du parc que nous l’apercevons. Une lionne, étendue sur l’herbe derrière un buisson, semble endormie pour l’éternité. Seule l’extrémité de la queue bouge un peu. Mais ne nous y trompons pas : à 50 m de là, le lion guette.
A l’ombre, au pied d’un arbre, en pleine digestion. Notre présence ne le gêne pas. Cet immobilisme, après une demi-journée pour les trouver, nous déçoit. Mais pas question de les déranger. Respect de la nature, voilà le maître mot de ces safaris photos. Un safari au Kenya est loin d’être de tout repos. Bouger, réagir rapidement aux changements climatiques, suivre les conseils des guides et respecter le cadre de vie des animaux sont les conseils élémentaires pour un voyage réussi. Commercialisé à partir de 990 euros, un safari de qualité est plus proche des 1500 euros, transferts inclus. Attention aux offres « d’entrée de gamme », souvent de simples usines à touristes. Les déceptions dans les parcs, où quelques 30 ou 40 minibus se suivent, sont alors monnaie courante. Une fois sur place, le séjour est souvent magique. Une sorte de retour en enfance où l’on devient acteur d’un livre de la jungle. Une visite chez Tarzan, ou chaque journée fait de vous, le roi de la forêt.
Safaris au choix
Saïga propose des voyages écotourisme de 10 jours ou un séjour « volontaire » à partir de trois semaines. 1175 euros les 3 semaines sans le billet d’avion. www.saiga-voyage-nature.fr ou au 05-46-41-34-42
Nouvelles Frontières :
Entre amis ou en amoureux les terres sauvages des grands parcs nationaux et l’océan Indien. 8 jours, 8 nuits. A partir de 1485 euros par personne. www.nouvellesfrontieres.fr ou au 0825-000-825
Voyageur en Afrique :
Partez en amoureux à la découverte des quatre parcs incontournables où vous apprendrez le règne animal. 9 jours, 7 nuits à partir de 2003 euros par personne. www.vdm.com ou au 0892-239-494
Club Faune :
Le Kenya est à la nature ce que l’Egypte est à l’histoire… Des neiges éternelles aux savanes infinies, lions , antilopes, buffles, éléphants, multitudes d’oiseaux extraordinaires dans de véritables temples de la nature. 15 jours. A partir de 2680 euros par personne. www.club-faune.com ou au 01 42 88 31 32
Club Aventure :
Découvrez les paysages de plaines, de lacs et de montages de la vallée du rift. Approchez au plus près de la faune sauvage lors des safaris à pied et en voiture. Rencontrez les différentes ethnies qui peuplent le Kenya et reposez- vous en fin de séjour sur les superbes plages de l`océan Indien. 23 Jours, 7 demi-journées de marche. A partir de 2999 euros par personne. www.clubaventure.fr ou au 0 826 88 20 80 (0,15 €/min)
Clic-clac Kenya
Pour les amateurs de photos, le Kenya est un paradis. Voilà quelques conseils essentiels pour ne pas rater ce rendez-vous photographique :
Si vous le pouvez, partez avec deux boîtiers munis chacun d’un objectif différent. Plus facile à utiliser. Changer d’objectif en permanence c’est la garantie de manquer des photos. Attention, les petits appareils photo numériques, sans zoom, ne rendent pas grand chose de la faune. Au mieux, un beau souvenir… Au pire, un « tremblé » de qualité. Pensez au téléobjectif, il est fréquent que les animaux s’éloignent en sentant la présence de l’homme. Au risque d’avoir chaud, prenez un gilet de reportage multipoches. Très utile pour avoir sous la main l’équipement de première nécessité (y compris la crème solaire). Si vous travaillez en argentique (pellicules photos), laissez en toujours deux ou trois dans le réfrigérateur de l’hôtel. Elles éviteront des coups de chaud. Pensez à prendre des cartes mémoires supplémentaires. Le Kenya conduit à une grosse consommation d’images ! Si vous partez avec un caméscope, faites l’acquisition d’un monopod (une seule branche). Ce pied de petite taille devrait vous garantir une meilleure stabilité. Un pare-soleil est nécessaire. Pensez à le glisser dans le fourre-tout. Les meilleures heures de la journée sont très tôt le matin, entre 4 et 5h, ou en fin d’après midi, juste avant le coucher du soleil, entre 16 et 17h.