Kenya, terre d’aventures Coupé en deux par l’équateur et bordé par l’océan Indien, le Kenya bénéficie d’une situation idéale pour des vacances tropicales. Mais la tranquillité n’a qu’un temps : l’appel de la savane devient vite irrésistible et les safaris… incontournables.
Le vol de nuit a duré 8 heures mais les passagers de l’Airbus A310 d’African Safari Airways affichent une décontraction surprenante. A l’aéroport de Mombasa, l’accueil du personnel du Flamingo Beach - un des hôtels d’African Safari Club (ASC) – se fait à grand renfort de « Karibu ! » (bienvenue en swahili, la première langue officielle qui unit les différentes ethnies présentes au Kenya). Ici, le temps ralentit sa course : les kenyans y vont « Polé Polé » (doucement, doucement !), font connaissance avec les nouveaux venus et leur affirment en toutes circonstances « Hakuna Matata, pas de problème ! ».
Le transfert à l’hôtel donne l’occasion d’un coup d’œil à Mombasa. A commencer par le quartier touristique où les célèbres - et gigantesques - défenses d’éléphant enjambent l’avenue Moï. Passage devant le marché, avec ses viandes simplement accrochées (et malheureusement très odorantes) et surtout ses étals de beaux légumes, de fruits frais et d’épices en tous genres… L’accueil est chaleureux envers les Français, qui profitent encore de la popularité de « Chirac ». La vieille ville est plus calme, notamment son quartier musulman où les mosquées sunnite et chiite se dressent… l’une en face de l’autre ! Plus loin, le Fort Jésus domine le port de toute sa hauteur. Cette forteresse bâtie au XVIIème siècle témoigne de la victoire des envahisseurs portugais sur les Arabes (ouvert tous les jours de 8h à 18h30).
Repos face à l’océan Indien
« Jambo ! » : l’arrivée au seuil de l’hôtel Flamingo se fait au rythme du tam-tam et d’un chant traditionnel. Les chambres blanches et roses très confortables sont à peine appréciées à leur juste valeur tant l’attrait du paysage se fait sentir : l’hôtel, légèrement surélevé par rapport à la plage de sable blanc, offre une vue magique sur l’océan Indien. A passer sa journée au soleil, au bord de la piscine ou sur la plage, on en oublie que les chambres ne disposent pas de télévision (cette absence permet d’économiser l’énergie, mais surtout de préserver l’authenticité des lieux). La climatisation, elle, est bien présente : elle se fait entendre à toute heure, mais se révèle vite indispensable. La chaleur est telle que l’on se contenterait bien des baignades et des rendez-vous gourmands au « Blue Lagoon », le restaurant à la carte de l’hôtel, pour un espadon fumé, un plat de crevettes à la sauce « coconut » ou quelque Banana Split ! Une pause sur la véranda s’impose pour un « five o’clock tea » - le thé kenyan est très réputé – ou pour un apéritif. Le regard va de la cascade de la piscine aux palmiers du jardin tropical… et aux chats, presque aussi nombreux que les vervets, des petits singes facétieux qui n’hésitent pas à grimper sur les balcons des résidences pour avoir la chance de chiper biscuits ou casquettes. Très familiers, ils se laissent approcher sans crainte pour une séance photo, récompensée si possible ! Plus les touristes s’agglutinent, plus ils font leur numéro, se disputant les miettes, sautillant ou voltigeant de branche en branche… Les jeunes ouvrent de grands yeux étonnés et curieux, se cachent et réapparaissent un peu plus loin. Et si l’heure de la tétée est proche, maman vervet s’installe en plein milieu du passage pour nourrir son petit ! Jetant des regards rapides de tous côtés, elle ne semble pas craindre la présence des humains qui s’attendrissent devant le spectacle. Chaque soir, l’hôtel propose une « mini-croisière » à bord de Safina, le trimaran d’ASC, pour dîner à bord et admirer le coucher de soleil sur le bras de mer Mtwapa. Sur la rive, on aperçoit l’hôtel Kasr al Bahar, «Le château en bord de mer » d’inspiration arabe, qui ressuscite l’atmosphère des Mille et Une Nuits.
L’appel de la brousse
Après quelques jours de repos, il est temps de s’adapter au rythme africain et se lever à l’aube pour vivre une aventure extraordinaire : le safari (à partir de 299 € par personne le safari Masaï à Kimana 2 jours/1 nuit, sans compter le droit d'entrée dans les parcs : 30 € par adulte, 15 € par enfant de moins de 12 ans). Le voyage commence à Bamburi Airport Airfield, l’aérodrome privé d’ASC, où les passagers embarquent à bord d’un Twin Otters, un petit avion de 18 places… Les sièges sont bien étroits pour la plupart des voyageurs ! Le vol à destination de la réserve privée de Kimana ne dure qu’une petite heure et très vite, des murmures : « Mais si… Juste là… Des zèbres ! » ou plus franchement des cris « Twiga (girafe) à gauche !!! » se font entendre. L’atterrissage se fait sans heurt… et le 4X4 est déjà prêt à partir. Chacun est habillé de vêtements aux tons beige, kaki voire marron - pour ne pas détonner dans le paysage – et la meilleure place est près de la fenêtre: peu importe les nuages de poussière en perspective, c’est le poste idéal pour observer les animaux. Le ranger, à la fois chauffeur et guide, s’arrête aux endroits les plus stratégiques pour prendre de belles photos : les zèbres devant le Kilimandjaro, les antilopes étonnées, les éléphants déambulant à la queue leu leu… La persévérance et la patience sont de mise pour trouver les girafes, et il faut un peu de chance pour voir un « Kenya Express » - le surnom kenyan des phacochères – trottiner et se dandiner, toujours suivi de près par ses petits… Gnous, buffles, impalas et gazelles de Thompson sont bien sûr au rendez-vous.
Seuls les fauves manquent à l’appel : les animaux évoluent librement entre les différentes réserves et c’est à Masaï Mara que la plupart des familles de lions, de guépards ou de léopards résident. Mais la « Daktari Station » (ouverte en février 2005) comble ce manque. Le daktari (docteur) Gonzy accueille les animaux, les soigne et les nourrit avant de les relâcher. « L’endroit doit être plus naturel qu’un zoo », explique t-il en français, montrant les buissons qui recouvrent les grillages des enclos, « Il faut avoir le moins de contact possible avec les animaux pour qu’ensuite ils soient réintroduits sans problème ». Facile à dire… Malgré son statut de « roi de la jungle », Boy – un lion de 3 ans recueilli bébé – se comporte comme un gros chat et se frotte contre les grillages où se tiennent ses sauveurs, « ronronne » de plaisir et joue à la course avec Simon, l’assistant du docteur. Les deux lionnes qui partagent l’enclos ont, elles, gardé un instinct animal et font preuve d’une méfiance naturelle envers l’homme. Mieux vaut ne pas les contrarier… Le vétérinaire pense bientôt relâcher les fauves. Il n’a pas peur de se faire attaquer par ceux qu’il a soigné si patiemment : le lion le reconnaîtra à sa voix.
Parmi les humains
Sur le chemin du retour, des enfants Masaï saluent les visiteurs de la réserve avec de grands sourires… mais font signe « non » de la main à la vue des appareils photo : comme les Amérindiens au XIXème siècle, ils ne veulent pas qu’on leur « vole leur âme ». Et peut-être qu’ils refusent toute assimilation avec les animaux sauvages qui ont passé la journée à être « mitraillés », avec ou sans flash. Il est possible de visiter un village de cette tribu emblématique du Kenya, mais il faut négocier avec le « laibon » (le chef) et prévoir une rétribution.
Harmonieusement intégré à la nature, le Zebra Lodge est l’endroit idéal pour se remettre de ses émotions. Chaque résident a son propre chalet, décoré à l’africaine sur le thème du zèbre : dessus de lit, taie d’oreiller et coussins arborent de belles rayures blanches et noires. L’hébergement se compose d’une pièce principale et d’une salle de bains. Le générateur se met en marche (de 18h à 10h le lendemain matin), il faut donc en profiter pour recharger appareils numériques et téléphones portables (oui, il y a du réseau !). Le chalet allie le confort au charme du bush africain. Sa terrasse privative offre une vue imprenable sur le « Kili » ou sur la rivière, avec les hippopotames en fond sonore ! A la nuit tombée, rendez-vous au feu de camp pour prendre un apéritif. Un Masaï, drapé dans sa traditionnelle tunique rouge (une couleur que les lions reconnaissent et qui les dissuadent d’attaquer ces ennemis héréditaires), offre une démonstration : comment bien planter sa lance dans le sol… Tout un art !
Le dîner est rapide, car chacun est pressé de se reposer dans sa case, même si les bestioles – araignées ou geckos – ont investi les lieux et que les bruits de la brousse sont impressionnants. La fatigue prend vite le dessus. La nuit est courte et à 5h, tout recommence ! Il faut se mettre en route pour savourer un spectacle unique, le lever du soleil et le réveil des animaux. Le Kilimandjaro, nimbé de nuages, attend notre visite.
Pratique
Un visa est obligatoire pour entrer au Kenya (40 € à régler à l’aéroport de Mombasa). Prévoir de la monnaie en euros ou en dollars américains car les cartes bancaires et les chèques ne sont pas autorisés. Par ailleurs, le passeport doit être valable au moins 6 mois après la date du retour et les enfants de plus de 15 ans doivent posséder leur propre passeport (les plus jeunes peuvent figurer sur celui de leurs parents). Le Kenya se visite toute l’année… mais il vaut mieux éviter les deux saisons des pluies, les prix sont avantageux, mais les pistes sont boueuses et les safaris limités. Période idéale, la haute saison, de juillet à septembre et de décembre à mars. Il est préférable de réserver son séjour à l’avance. A partir de 1 562 € le séjour 8 jours /7 nuits en pension complète et tout inclus, sauf taxes aériennes et frais de visa, au Flamingo de Monbasa d’African Safari Club, le numéro . sur la destination qui nous a emmenés. www.ascag.net. A partir de 999 € TTC par parent, 499 € TTC pour le 1er enfant, chez African Safari Club le séjour « spécial famille » 13 jours/11 nuits en pension complète à l’hôtel Shanzu Paradise Resort avec safari Masaï 2 jours/1 nuit inclus. Départs de Paris du 5 juillet au 25 octobre 2007 (départs de Marseille, Nice et Lyon : + 200 € / personne). www.ascag.net.
Dans la brousse, jamais sans ma trousse !
Une trousse de pharmacie complète ne sera pas un luxe ! Le risque de paludisme existe au Kenya, il est donc nécessaire de suivre un traitement antipaludéen (43,95 € la boîte de Malarone, disponible en pharmacie sans ordonnance). A prévoir également : une protection antimoustique, une crème solaire et une crème antibrûlure (type Biafine), un antidiarrhéique (pour couper court à une éventuelle tourista), ainsi qu’un antinauséeux et un antivomissement (pour prévenir le mal des transports en bateau, en avion, en bus…). Enfin, les vaccins contre la fièvre jaune et la typhoïde sont obligatoires. A noter que l’eau courante n’est pas potable, il faut donc s’en tenir aux bouteilles soigneusement capsulées, y compris lors du brossage de dents… Et goûter aux saveurs des bières locales ou rester au Coca-Cola !