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Vacances Long Courrier

Par Marcel Levy

Quartiers chics ou quartiers chocs ?
Du gris parsemé de bleu dans un dédale de rues accrochées à leur tradition », le New York décrit par Depardon est à l’image de ce qu’à toujours été la ville : une succession de villages à la mode… Le dernier chassant le premier !

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Manhattan, le nom à lui seul évoque la modernité américaine. Pourtant New York est la moins « yankee » de toutes les villes du pays ! Un lieu magique que Miller expliquait en une phrase « New York n’est pas, New York se fait tous les jours ».  Visions d’architectes, de créateurs, de faiseurs de mode, d’ « événementistes » en tout genre, la ville reste fidèle à une seule devise : innover pour s’enrichir. Les talents de demain, pour réussir, investissent Big Apple, là où le mètre carré est le moins cher. Regroupés, ils s’adonnent à un sport adoré des américains : la compétition professionnelle. Pas un seul quartier de New York n’a échappé à cette loi immuable de la mode et du renouvellement, qui veut que bien des artistes réputés soient passés dans d’infâmes lofts ou ateliers industriels abandonnés depuis des décennies. Et c’est cette notoriété qui fait flamber l’immobilier dès que les boutiques « tendance » veulent associer leur nom aux grands mouvements de la mode ou de l’art.


Des quartiers dortoirs, des quartiers à vivre

Les quartiers « à la mode » sont sans cesse en mouvement et dans une ville qui a vu en vingt ans le prix moyen de ses loyers se multiplier par 20, définir les lieux qui vont bouger demain relève de la boule de cristal. Pour Marina Thieys, journaliste au New-Yorker, le plus célèbre hebdomadaire de la ville, « Les quartiers de New York sont comme des sables mouvants, sans cesse repensés et sans cesse requalifiés ». On parlait de Soho et de ses galeries, voilà qu’elles sont désormais installées dans Chelsea. Le quartier des affaires, porté par une seule rue Wall Street, se prolonge désormais vers Central Park, là où se discutent, au milieu des arbres, les affaires de demain. « New York n’aurait jamais pu devenir une capitaleny américaine », explique Woody Allen: « c’est un pays à elle seule! ». Ne pas comprendre la diversité au seul bénéfice d’une vision « trendy » (comprenez «tendance») des quartiers serait une erreur. Aborder New York ne peut se faire qu’au travers de ses envies. Un zeste de musée mâtiné d’un peu de mode, de beaucoup de musique ou d’un soupçon de shopping passe par un petit carnet d’adresses préparé avant son départ et, sur place, énormément de curiosité pour ne rien manquer. Enfin, succombez aux diktats des quartiers : quatre d’entre eux sont à la une de l’actualité. C’est souvent par eux et pour eux que l’on revisite New York. Une découverte multiple pour une ville unique.


Dumbo,

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own Under the Manhattan Bridge Overpass, sur Brooklyn, est l’exemple même du renouveau d’un district considéré pendant des années comme dangereux. Dumbo n’est pas encore un quartier au sens new-yorkais du mot, c’est un quartier en devenir: coincée entre les ponts d’accès à Brooklyn, cette zone portuaire abandonnée est truffée d’anciens ateliers textiles aujourd’hui délocalisés en Asie. Dumbo, laissé à l’abandon, a donc tout naturellement attiré les artistes au sens général du terme. A voir, la chocolaterie de Jacques Torrès, (66 Water Street entre les ponts de Brooklyn et de Manhattan - http://www.mrchocolate.com), une caverne d’Ali Baba où le sens artistique du maître cohabite avec le marketing américain. Surprenant. Autre arrêt chez Pomme (81 Washington St, Brooklyn) la boutique branchée pour les enfants. Jeux et jouets français se marient aux poupées japonaises et aux découpages chiliens. Très réussie. Incontournable pour le brunch, à 100 mètres de chez Jacques Torrès, le River café, pleine vue sur Manhattan, et accessible en water taxi. Un menu loin d’être gastronomique mais une ambiance marine inégalée. C’est là, le dimanche matin, que se retrouvent De Niro et Woody Allen pour un plateau de fruits de mer.


Meatpacking

Ancien quartier de la viande et des bouchers, à quelques pas de Greenwich, le Meat comme le surnomment les habitués, est articulé autour de restaurants, d’ateliers de créateurs et de quelques « boutiques-hôtels » branchés. Ici pas question d’aller fouiller dans l’histoire de la ville. Ni l’architecture ni même les entrepôts restaurés de quelques célèbres grossistes alimentaires ne suffisent à faire le charme des lieux, ce n’est pas le contenant mais le contenu qui est intéressant: c’est l’innovation et le luxe qui s’installent. Première adresse, Jeffrey, 449 West 14th Street, 206-1272, un petit temple du luxe, très tendance dont lesny dernières créations sont le but de tous les amateurs de mode. Comme à Paris, on vient voir les créations tant en accessoires qu’en vêtements. Et l’on se bat entre deux mannequins et quelques directeurs artistiques pour toucher ou essayer ! Parmi les marques représentées :  Véronique Branquinho, Balenciaga, Dries Van Noten. A quelques pas, c’est la française  Catherine Malandrino (652 Hudson Street, 840-0116) qui a installé sa seconde boutique new-yorkaise. La jeune grenobloise est devenue en six ans la coqueluche du quartier et des Américains branchés. Ultraféminine pour les uns, un poil sexiste pour les autres, autant dire qu’elle ne laisse pas indifférent. Et les stars ne s’y trompent pas : Uma Thurman ou Cameron Diaz sont des habituées. Le must de la mode qui avance. 


Williamsburg

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En plein Brooklyn, ce quartier est resté le refuge des artistes et des écrivains. A quelques encablures de Dumbo, c’est là que se trouvent, dit-on, ceux et celles qui feront l’Amérique artistique de demain. Ce « village » marque cependant le territoire proche de deux communautés : les religieux juifs de l’Est Brooklyn et les hispaniques du Sud. Attention, en semaine, ce quartier réputé animé déçoit. Les rues sont plutôt calmes et il faut attendre le week-end pour voir s’ouvrir les boutiques de créateurs et les galeries. A voir, la « Pierogi », l’une des galeries les plus célèbres du quartier, ouverte dans une ancienne fabrique de bouchons. C’est là que se sont installés, dans les tiroirs et les armoires, quelque 750 artistes… Du moins leurs peintures et dessins. Il faut fouiller, chiner, déclasser, regarder pour trouver son bonheur. Autre adresse, plus fun le samedi soir, la Brooklyn Brewery (79 North 11th Street,
 718 486 7422 - http://www.brooklynbrewery.com/) qui fabrique à l’ancienne une petite dizaine de bières dont une boisson locale reconstituée à partir d’archives de la ville qui datent de 1780. Une visite organisée le samedi après-midi donne une idée de l’ambiance qui peut y régner les jours de fête.


Chelsea

Il était oublié, le voilà ressuscité en capitale de l’art : Chelsea c’est le bon goût qui côtoie le catastrophique. Une sorte de musée en plein air qui a su expulser les marchands du temple de la restauration au profit des galeristes. Entre la 19e et la 26e Rue, entre la 10ème et la 11ème, on retrouve à la fois les enseignes de Soho, venues là pour suivre l’air du temps, les ateliers de quelques regroupements ethniques (jamaïcains et cubains) sans oublier tous ceux et celles persuadés d’avoir en catalogue les artistes de demain. Et la visite est difficile tant les choix sont nombreux. Chez Gagosian, il faut voir l’exposition du moment, souvent chic, novatrice, innovante. Lehmann Maupin, Terry Saps ou la Dia Foundation, sur la 22e Rue sont incontournables. Mais attention, tout va vite et ce qui existe aujourd’hui ne sera plus là demain… C’est la dure loi new-yorkaise des affaires…et de l’art.




New York en pratique :

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New York n’est pas à priori la ville de la mode même si la plupart des jeunes créateurs s’y sont installés pour faire fortune ! Quoiqu’il en soit, NY est un défilé permanent. Un haut lieu de tout ce qui touche au prêt à porter et à l’élégance en règle générale ! Preuve de son attrait pour le « look », Big Apple a su s’inspirer des communautés présentes pour donner un style très new-yorkais à ses habitants. Disons-le clairement, ce sont souvent les grandes marques européennes qui donnent le ton ! Le quadrilatère compris entre les 30e et 40e Rues, et entre les 6e et 8e avenues, est le quartier du vêtement. La 34e Rue est, de fait, la plus commerciale. Arrêt obligatoire chez M & J Trimming. C'est LA mercerie réputée de la ville (celle des stylistes de Ralph Lauren ou Vera Wang). Par définition, la mode est loin d’être figée. Désormais les jeunes créateurs de mode s’installent dans Brooklyn ou le Meatpacking district ! Deux quartiers branchés où tout ce qui se coud ne se porte pas forcément
Vous l’aurez compris, NY est en mutation permanente. La meilleure façon de s’y retrouver et de suivre les guides de Shop Gotham. Elles organisent tous les jours des visites spécialisées dans les arrières boutiques des créateurs. Une visite unique en son genre pour être certain (et certaine) d’être up to date. So fashion ! Pour connaître les horaires de départ des tours quotidiens, composez le 866-795-4200 ou 201-795-4200.


Pour autant, s’il n’y avait que deux adresses à retenir :

Century 21 (22, Cortland Street).
A deux pas de « ground zero », dans le quartier de la mode, Century 21 et aux soldes ce que le base-ball est au pays : une institution. Ici, seules les stars de la mode sont  « bradées ». Et le mot est loin d’être faible. On y trouve toutes les grandes marques européennes à prix cassés ! Attention, au vu de la corpulence moyenne des américains, ce sont surtout les petites tailles qui sont représentées en nombre. Pour autant trouver un Cerruti, un Cardin, un Yves Saint-Laurent ou un Kenzo à – 40 % est fréquent. Prudence, le magasin est souvent bondé. Arrivez dès l’ouverture, vers 10 heures le samedi. 11 heures le dimanche. Il faut entre 15 et 25 minutes pour atteindre les cabines d’essayage. Aussi, ne faites pas la queue pour un seul produit.  Petit conseil, allez y en t-shirt et jupe; ça va plus vite pour enfiler un pantalon ou une veste. Bonne fouille.


Macy’s

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Les new-yorkais disent que Macy’s donne le ton de la mode à venir. Pour le plus grand magasin du monde, c’est normal ! Faites un tour au 3ème et 4ème étage et vous comprendrez ce que « détonant » veut dire. Du très flashy au plus osé, tout est résumé là !  Heureusement, il y a plus classique. Idéal pour rapporter le pull branché à une ado passionnée par les USA. Petit conseil, faites un tour à l’étage des décos de noël, pour voir les traditionnels « pulls de noël ». Certains sont des collectors !


A voir aussi


Anthropologie : boutique de vêtements et d'accessoires qui s'inspire de la mode rétro (85 Fifth Avenue - New York,).
The Market, en plein centre de Nolita, un grand espace qui regroupe de jeunes designers, tous les samedis entre 11h et 7h (268, Mulberry Street entre Prince et Houston). Une expérience unique à vivre.
La boutique d’Anna (Anna Sui), c’est la boutique la plus branchée de la ville, là où viennent s’habiller les mannequins les plus en vue. Bizarrement, pas très cher. 113 Greene St. Juste à côté de Prince
 St. 212-941-8406.
Bloomingdale's : la star des grands magasins (Lexington et 59e Rue).
Barney's, un autre grand magasin très huppé. On y croise souvent des vedettes et personnalités connues. Un incontournable! (coin Madison et 61ème Rue).
Takashiyama: grand magasin japonais. On y vient pour le concept original et sa marchandise recherchée (693, 5ème Avenue).
Daffy's : c'est le « supermarché » de bon goût des new-yorkais
(125, 57e Rue Est).


Dix visites express à ne pas manquer

1. Une balade dans Central Park, entre la 72eme et la 80eme. Au pas de sénateur, comme le font les hommes d’affaires qui veulent discuter discrètement entre eux. C’est là que se décident 80% des grosses opérations de Wall Street.

2. Prendre le ferry pour Staten Island. Soit en fin de journée pour voir le coucher de soleil sur la Statue de la Liberté, soit très tôt le matin (de toute façon vous serez réveillés) pour croiser les « working girls » qui rejoignent Manhattan.

3. Prendre une heure pour vivre le pont de Brooklyn. L’aller en métro, et le retour à pied. Un must, surtout au lever du soleil.

4. Courir autour du réservoir dans Central Park (vers la 90eme Rue). Juste histoire de jouer à Dustin Hoffman dans Marathon Man.

5. Aller manger à China Town...Sur le pouce, sans comprendre ce que vous mangez !

6. Acheter ses disques et ses DVD au Virgin de Times Square, après
 23 heures. La faune new-yorkaise vaut le coup (en passant, en remontant Broadway, goûtez au Pop Corn Indiana, boutique sur le trottoir de droite, le meilleur des Etats-Unis).

7. En fin de semaine, vers 8 heures, prendre un taxi pour le Garage
(112 W. 25th St), on y trouve encore pas mal d’objets anciens. Une brocante étonnante où l’on peut encore chiner des grille-pain des années 50 !

8. Faire un tour chez VinylMania, 60 Carmine Street (212) 924-7223, dans West Village, spécialisé dans la musique Dance du monde entier et dans les accessoires pour DJ.

9. Un dernier verre au Top of the Rock, au dernier étage de la tour Rockfeller, pour un coucher de soleil sur New York. A la carte, l’une des 100 versions de Martini.

10. Un spa au Mandarin Oriental, vers 17 heures, juste avant le spectacle sur Broadway. Réservez dès votre arrivée. Très demandé.


Acheter en toute tranquillité !

Ne vous laissez pas piéger par les boutiques de Broadway ou Times Square souvent plus chères que les autres. Méfiance si l’on vous demande votre carte bleue en attendant que le produit arrive…L’arnaque est facile à deviner : le produit choisi n’est plus en stock et vous serez obligé d’acheter dans le point de vente qui aura déjà débité votre carte ! Attention, pour justifier les écarts de prix, les constructeurs ne donnent pas le même nom à des produits pourtant rigoureusement identiques. Exemple : le Canon 300 D en Europe s’appelle le Rebel outre Atlantique. Veillez enfin au transformateur 110 V/220V : le modèle le meilleur marché
 se vend chez Radio Shack, c’est un 85 w équipé d’une prise européenne vendu 29 $. Les  transformateurs d’alimentation fournis par les grandes marques fonctionnent en 110 et
220 volts. Vous n’aurez que le cordon électrique à changer.


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