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Vacances Long Courrier |
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Par Marcel Lévy Le cinéma américain a beaucoup fait pour la réputation des collines sillonnées par Steve Mc Queen dans Bullit et chacun, aujourd’hui, a une petite idée de la vue qu’il veut avoir sur le Golden Gate Bridge. En réalité Frisco, c’est son surnom, est beaucoup plus variée, universelle et multiple que les images du petit écran, et 5 jours ne sont pas de trop pour la découvrir dans toute sa diversité. Mais contrairement à ce que disent les guides, il ne faut pas trop préparer son voyage à San Francisco : on oublierait l’essence même de la ville, qui porte le visiteur au gré de ses envies ! On s’attend à la trouver très européenne, dès son centre ville. Il n’en est rien : Frisco a conservé un caractère américain avec des bâtiments anciens, carrés, proches de l’architecture victorienne. Et heureusement, la ville ne se limite pas à un alignement de blocks, sans âme et sans histoire : depuis le grand incendie au début du 20ème siècle, la ville a su envahir les collines qui l’entourent au point d’en faire des quartiers quasiment indépendants si l’on en croit les habitants. On est de Castro, de Mission, des Haight. On vient de ChinaTown, de Japantown… rarement de San Francisco. Pour une vue d’ensemble, l’achat d’une carte de la ville s’impose puis celui d’une « Go San Francisco Card » (http://www.gosanfranciscocard.com/) qui donne accès à une quarantaine d’animations dans la ville. Enfin, aux guichets de la MUNI (les transports en communs) prenez un « pass » hebdomadaire (15$ à http://www.sfmuni.com). San Francisco est à vous ! Installée dans une baie, face à la mer qui s’ouvre à l’horizon, la ville de San Francisco a longtemps exploité un port de commerce spécialisé dans ses échanges avec l’Asie. Aujourd’hui, à l’exception des docks et de quelques entrepôts rénovés, il ne reste de ce quartier qu’un gigantesque Disneyland, sans réel intérêt. Sans doute un peu dur pour un quartier qui bouge et dont les centaines de commerces, dédiés à l’industrie du tourisme, regorgent de gadgets parfois originaux. C’est à Fisherman que se troupe l’hôtel Argonaute, l’un des plus attachants de la ville par sa décoration marine déclinée dans toutes les chambres. Si vous y êtes seul, demandez à rencontrer Maurice que l’on portera dans votre chambre : le temps de votre séjour, ce poisson rouge vous tiendra compagnie, c’est le confident attitré de l’hôtel. Il faut également, vers 5 heures, suivre les cours d’œnologie au bar. C’est là qu’un spécialiste de la Sonoma Valley, toute proche, donne des indications sur la production de vins californiens, dégustation à l’appui. Toujours sur les quais, au Pier 47 (415-71 4383), Scoma’s est au poisson ce que Lalique est au cristal : une référence. Géré par une famille d’italiens arrivés là dans les années 20, c’est le haut lieu de la gastronomie marine. Des produits d’une fraîcheur incomparable qui ont le mérite de n’avoir pas trop été américanisés dans leur présentation. D’excellentes coquilles Saint-Jacques, en saison, ont donné à ce restaurant la médaille d’or de la ville ! Méritée. San Francisco se vit beaucoup par ses quartiers. Le plus connu, et bizarrement le moins visité par les touristes, est Mission District. Un quartier latino par excellence, à l’est de Castro et au sud de South of Market. Ambiance bon enfant, faite de musique d’Amérique latine avec de très nombreuses taquerias aux burritos assez inégaux. Pour comprendre le quartier, il faut s’arrêter à la mission Dolores, où la messe se fait encore en espagnol. La décoration de l’église y est très mexicaine, l’ambiance accueillante et colorée. Seul Bémol, le quartier est considéré comme plutôt dangereux par les autorités locales qui déconseillent d’y traîner tard le soir. Dommage car c’est après 21 heures que Mission District se met à vivre au son de la musique. Arrivés en masse lors de la construction du chemin de fer, les Chinois de San Francisco se sentent autant américains qu’asiatiques. Leur quartier, 24 blocks environ pour 410 000 habitants, s’ouvre par une monumentale porte très colorée, mais il donne avant tout accès à une multitude de boutiques où seul le dieu dollar est la vedette. Ce quartier chinois, le second par sa taille aux Etats-Unis, cultive le sens du commerce. A voir, le temple Ma Tsu qui regorge d’offrandes laissées là par les fidèles. Mais le must du quartier réside dans les petits restaurants qu’il abrite. Cuisine imaginative et débridée chez de jeunes chefs chinois qui marient les épices avec des BBQ (barbecue) de poissons ou de fruits de mer. Un pur délice. A deux pas l’autre quartier asiatique, le petit Tokyo, est moins éblouissant. Persécutés en 1941 par des Américains suspicieux après Pearl Harbor, la communauté japonaise a cultivé l’art du secret. Deux petits blocs de béton brut, ornés d’une pagode à l’entrée du quartier, doté d’un centre culturel et d’une gigantesque librairie japonaise. Comme le rappelle un guide nippon « c’est bien cachée que l’orchidée fleurit ». Vedette de la ville, le Golden Gate a servi de décor à plus d’un millier de films et de téléfilms. C’est sans doute le monument le plus visité de la ville même s’il est souvent celui le plus noyé dans la brume. Qu’importe, il faut le voir quelque soit le temps, tant la ligne élancée et majestueuse du pont étonne. Il faut aussi le voir quelle que soit l’heure. Tôt le matin, au lever du soleil, c’est la dominante rosée qui vient habiller le rouge de la structure métallique. Dans la journée, par fortes chaleurs, le pont se pare d’une légère brume bleutée, reflet de la mer à ses pieds. Il existe au départ du Présidio, le parc qui abritait une base militaire, une promenade d’environ 2 km qui conduit au pied du pont. C’est un itinéraire vert très agréable qui donne une vue inégalée du pont. Puis, soit en vélo de location, ou à pied, il faut traverser le pont pour la sublime vue de San Francisco. On peut également assurer cette promenade en voiture, surtout le soir lorsque la ville s’éclaire en tenant compte que, pour le retour, le pont est payant. Enfin, les plus courageux peuvent louer des kayaks de mer qui permettent la visite au ras de l’eau… à condition d’avoir de bons muscles. Notez que cette promenade se fait également en bateau à moteur. Le voyage décidé, permettez-nous une dernière suggestion : venir directement en avion serait bien dommage. Pour cette ville, c’est en voiture qu’il faut faire l’effort de venir. Au départ de Los Angeles (640 km) pour longer la côte via la 17 et s’arrêter à Monterrey. De las Vegas (710 km) pour le désert et les « Hill’s », des collines d’une rondeur parfaite et particulièrement verdoyantes au printemps. Quel que soit l’itinéraire, Frisco se mérite. On y arrive d’abord par des banlieues célèbres comme Palo Alto, Cupertino, Santa Clara ou San José. Par cette Silicone Valley, vedette des années 90, dont Apple et Google sont devenus des lieux touristiques que l’on visite grâce à une excursion baptisée le « monde des garages », en hommage à Steve Job et Hewlett Packard qui débutèrent tous les deux dans le garage familial. Puis on sort de l’autoroute, pour prendre la 34, une route des crêtes bordée de Séquoias, qui domine d’un côté la baie, de l’autre la mer. Enfin, on redescend en lacets vers le centre de la ville. Coupez le moteur, nous ne reprendrons pas tout de suite la voiture.
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