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Par Anne Le Goff









Choisir sa place dans l’avion, un rêve pour éviter de se retrouver coincé plusieurs heures entre deux passagers encombrants, sur le chemin des toilettes ou les genoux sous le menton. Encore faut-il savoir s’y prendre.

Des voyages galères dans des avions surchargés, chacun en a connu d’autant que les compagnies aériennes, pour rentabiliser les vols, ont tendance à resserrer les rangées au maximum autorisé par la législation. Et dans la série du pire, il n’est pas rare de se voir imposer une place le long des toilettes avec un double inconvénient : passage intensif et dossier figé vertical. Sans oublier l’attribution d’un siège entre deux passagers inconnus, au centre d’une rangée de 4 ou 5 sièges. Il est pourtant possible de choisir sa place. En dernière minute, cela peut se faire au comptoir au moment de l’enregistrement, à condition de savoir discuter avec l’hôtesse et avec le sourire. D'autant que la vente en ligne attribue, par défaut, les sièges les moins bons. Petits prix correspondent à mauvaises places. C'est de bonne guerre. Quoi qu'il en soit, sur tous les vols, on peut essayer de faire modifier son siège. La règle est simple : premier arrivé, premier placé. Sachant que les guichets d'enregistrement ouvrent trois heures à l'avance... A vous de jouer. Il est également possible d'évoquer un (réel) souci de santé ou une incompatibilité psychologique pour ne pas se retrouver au milieu. Claustrophobie et problèmes véneux peuvent vous faire attribuer de meilleurs sièges.
Mais ne seront ainsi attribués que les places encore disponibles, car en réalité, il est de plus en plus courant de réserver sa place plus en amont, au moment de l’achat du billet en agence ou en ligne. C’est le cas chez British Airways en cliquant sur l’onglet « gérer sa réservation » et en choisissant ainsi le siège adéquate, 24h avant le vol au moins. Les réservations sont même ouvertes 330 jours à l’avance sur le site d’American Airlines pour optimiser toutes les chances d’avoir sa place personnalisée. Cette réservation a la particularité d’être pratiquement toujours gratuite, sauf s’il s’agit de billets promotionnels. Sur les billets « bas tarifs » d’Air Canada par exemple, un supplément de 10,50 € est demandé. D’autres compagnies ne prévoient pas cette option comme les « low cost », puisque les sièges ne sont pas numérotés. Un seul conseil alors: faire un check-in on line et être le premier dans la file d’attente dans la salle d’embarquement !


Repérage

Les grands voyageurs le savent : chaque avion a sa propre configuration, et chaque compagnie peut demander des aménagements précis. Ce qui explique que toutes n’ont pas la même densité ou la même répartition de sièges. Première démarche à effectuer, le repérage. Internet est en la matière un allié précieux, puisque toutes les compagnies affichent leur flotte, ce qui permet a priori de savoir si le vol se déroulera sur un Boeing 777 ou un Airbus A320. Deuxième étape, une visite sur www.seatguru.com, le site de référence pour visualiser tous les appareils de toutes les compagnies aériennes. Il indique les meilleures places, celles à éviter et même tous les équipements (casque radio, accès Internet, vidéo…). Troisième étape : établir son propre choix selon les circonstances. Couloir ou hublot ? En famille ou en voyage solo, à chacun son option.

Place et confort

Passager au longues jambes cherche espace, obstinément : il faut bien le reconnaître, les grands ne sont pas à la fête dans un avion. Mais plusieurs astuces leur permettent de voyager plus confortablement. En tête de rangée par exemple, il est toujours possible d’allonger ses jambes dans l’allée. A replier à chaque passage de chariot, mais ils ne sont pas si fréquents. Mieux : choisir les rangées de têtejambes de l’appareil. Devant les cloisons qui séparent les classes, l’espace est généralement plus grand. Autre option, les sorties de secours : le passage est plus large, pour permettre l’évacuation rapide de l’appareil en cas de pépin. Il y a des restrictions : pour y être installé, le passager doit en effet obligatoirement être mobile, pour se bouger plus vite en cas de besoin. Il doit aussi avoir 16 ans au moins et parler la langue maternelle de la compagnie, l’objectif étant qu’il comprenne au quart de tour les consignes d’évacuation et puisse assister l’équipage au besoin.
La morphologie peut aussi devenir un calvaire pour les passagers présentant un certain embonpoint. Ils doivent impérativement s’assurer que les accoudoirs de leur rangée soient rabattables, pour ne pas être trop à l’étroit. Les places en début de chaque rangée sont également à vérifier, car les tablettes peuvent être insérées dans l’accoudoir ce qui réduit également la largeur du siège.
Quant aux passagers qui ont le mal de l’air ou les phobies de l’avion, les places sur les ailes sont les plus recommandées : les turbulences s’y font moins sentir.


Eviter le pire

A défaut d’avoir le meilleur emplacement, sachez éviter le pire. Pour la tranquillité, il faut éviter la proximité de la cabine de stockage, utilisée pour les repas. L’odeur, les bruits et les allers et venues indisposeront vite le dormeur le plus patient. Elle est située, selon les appareils, au centre de l’avion ou tout au fond. A éviter alors, la rangée 24 du 767-300 (Air Alitalia par exemple). Pour mieux dormir également, il faut éviter les dernières rangées de chaque zone (première, affaire ou économique). Elles sont adossées aux parois de séparation, ce qui rend l’inclinaison du siège impossible. Très inconfortable…La proximité des toilettes n’est pas plus recommandée. Dans les Boeings 747, elles sont réparties à 3 endroits dans l’appareil, les rangées 14, 29 et 57 sont ainsi déconseillées chez Air France. Pire encore, la rangée 7 de l’A 300 (American Airlines) est cernée de part et d’autres de toilettes.
Ceux qui préfèrent rester éveillés apprécieront les films diffusés à bord. Certaines compagnies comme Air Mauritius (A 340-300), Swiss Airlines (A 777), Air France (A 340) mettent à disposition des écrans individuels, même en classe économique. Dans ce cas là, pas de problème. Ailleurs, attention à pouvoir voir l’écran. Sur Air Seychelles par exemple, les écrans centraux créent des zones d'ombres qui rendent impossible la vision d'un film. Les personnes de petite taille demanderont des places tout près, pour éviter d’être gênées par les autres passagers. Une tête qui dépasse pile devant l’écran, ça peut en énerver plus d’un !


En couple ou en tribu

En couple ou en tribu, une consigne pour voyager ensemble : s’enregistrer ensemble. Les hôtesses peuvent ainsi prendre en compte la totalité des membres de la famille pour regrouper les sièges voire bloquer la totalité de la rangée pour une famille nombreuse. Les familles avec bébés se verront d’emblée proposer la première rangée de chaque zone, qui dispose d’un masque à oxygène supplémentaire pour le berceau qui se suspend aux cloisons.
Pour les groupes, les billets ayant été généralement achetés ensemble, les compagnies leur attribuent la plupart du temps des sièges à l’avance ce qui évite la dispersion dans l’appareil. A défaut, le chef de groupe doit prendre l’initiative en amont de « pré-seater » le groupe (on pourrait dire « pré-asseoir » mais le transport aérien est très anglophone…). Il reste que la consigne est d’enregistrer ensemble, et le plus tôt possible, pour permettre là encore aux hôtesses de valider la réservation, regrouper la tribu et bloquer les sièges contigus. Les groupes qui prennent le 747-400 de Corsair apprécieront les 25 places du pont supérieur qui, au prix de l’économique permet d’avoir intimité et calme. Ces places sont vites pourvues alors autant s’y prendre bien à l’avance !

Dernier recours, la courtoisie : il est toujours possible de faire appel à la compréhension des autres passagers pour échanger les sièges à bord et voyager en bonne compagnie.



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