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Par Marion Rotrubin




Tourisme écolo…Kesako ? Après l’alimentation bio, les cosmétiques naturels, les véhicules «verts», voici les vacances « écologiques » ! Un concept tendance, mais comment s’y retrouver dans la jungle des labels et des appellations ? Où partir et que garantit le séjour ? Vacances Pratiques vous donne les clés pour vous y retrouver.

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Tourisme durable, tourisme responsable, tourisme écolo ou éco-tourisme, autant de termes différents pour une idée simple, celle du touriste vigilant pour son environnement. Et « Un voyage écologique ça ne s’achète pas comme un savon ! », déclare Pascal Languillon, Président de l’Association Française d’Ecotourisme. Concept récent dans la mouvance du tout-écolo qui envahit le monde, le tourisme écologique est une affaire très sérieuse. A l’union de ces deux mots qui semblent contradictoires à première vue, on s’imagine quitter le monde « civilisé » pour aller se perdre au fin fond d’une brousse africaine, d’une jungle asiatique ou de la forêt amazonienne…Le tout dans un cadre ultra rustique. Et bien non ! Le tourisme écologique peut se pratiquer au coin de la rue comme à l’autre bout du monde. « Il n’y a pas besoin d’aller très loin pour faire du tourisme écolo, car les établissements respectueux de l’environnement sont situés partout dans le monde », explique Pascal Languillon. Ensuite, durable, vert, écologique, il n’y a pas de différence significative. Tous les établissements et voyages qui se réclament de cette veine ont le même but : protéger la nature, favoriser l’économie locale, promouvoir les spécificités de la région, pratiquer un tourisme à taille humaine et également fournir une prestation de qualité.


Une fourchette de prix très large

Luxe et rusticité peuvent donc tout autant se conjuguer à la sauce écologique, ce qui explique la fourchette de prix très large de cette forme de tourisme: de 10 à 400 € la journée. Des voyages qui finalement ont peu de choses en commun, hormis un impératif : l’état d’esprit du voyageur. « Pour faire un voyage écologique, il faut avoir les yeux et le cœur ouverts », explique joliment Pascal Languillon. Le credo avant de partir est donc de bien se renseigner sur le pays ou la région de destination. « Il faut venir avec un minimum de curiosité, se renseigner sur les coutumes locales, les personnes que le voyage amène à rencontrer, et partir avec quelques réflexes écologiques comme par exemple des piles rechargeables », affirme le président de l’Association Française d’Ecotourisme. Autre dimension du voyage : si certains séjours sont proposés en groupe, il faut savoir que tout bon voyage écologique ne dépasse pas 10/12 personnes maximum, critère indispensable pour pouvoir profiter pleinement de la nature et des gens sans perturber l’environnement d’accueil. Ensuite, sur place, les activités sont de préférence en accord avec la nature (randonnées, sport…) et souvent basées sur la rencontre avec les habitants locaux. Toutes les destinations se prêtent au tourisme écolo : aussi bien l’écolodge de luxe au Bahamas sur l’île d’Andros qui propose des séjours « lune de miel » sans TV ni Internet, avec de l’électricité provenant de panneaux solaires et équipé d’engins nautiques uniquement non-motorisés (à partir de 214€ la nuit sur le site www.voyagespourlaplanete.com), que le camping « A la ferme » dans l’Ariège (à partir de 10€ la nuit toujours sur www.voyagespourlaplanete.com. Tél : 05 61 03 06 16) proposant des randonnées dans des sentiers que ses propriétaires ont créé et de la nourriture biologique cultivée sur place. Contrairement à l’idée reçue, l’écotourisme ne se pratique pas forcément non plus dans des endroits reculés, même s’il est souvent loin des centres névralgiques du tourisme de masse. « Par exemple, raconte Pascal Languillon, nous avons parmi nos membres un hôtel situé en plein Bangkok (41€ la nuit), comme quoi il est possible de faire du tourisme écologique citadin ! », ajoute t-il en souriant. Sur place, la nourriture n’est pas forcément ou exclusivement biologique, mais comme beaucoup de voyageurs écologiques sont sensibles à la question, il n’est pas rare de manger bio en voyageant écolo !


La jungle des labels

Le premier d’entre eux est sans conteste «Le Pavillon Bleu» (www.pavillonbleu.org), décerné depuis 22 ans aux communes touristiques dont les eaux bénéficient d’une qualité environnementale exemplaire. On découvre ainsi chaque année en début d’été le cru des plages labellisées. Un bon début pour envisager sa destination. Pour les autres, « Nombreux et mal connus, les labels sont un peu déroutants pour le consommateurs », avoue Pascal Languillon, « Certains sont plus connus que d’autres comme le label « Clé verte » pour les campings et les hôtels, alors que d’autres sont complètement marginaux comme l’Ecolabel Européen qui compte seulement deux hôtels dans toute la France ». Le label « Station Verte » (www.stationsvertes.com) regroupe 600 destinations Nature ayant signé une charte commune. De véritables havres de paix qui se veulent des portes d’entrée des terroirs. Dans la même veine, la Clef Verte (www.laclefverte.fr) est un label créé en 1998 par la Fondation pour l’Education à l’Environnement qui impose à ses membres d’établir une politique environnementale sur deux ans, de gérer leurs dépenses en énergie, eau et déchets et d’assurer une certaine qualité de vie sur le centre (maintenir l’espace propre, ne pas surcharger les emplacements, interdire la circulation des voitures la nuit…). Autre réseau, « Bienvenue à la ferme » (www.bienvenue-a-la-ferme.com) est géré par l’Assemblée Permanente des Chambres d’Agriculture. Les agriculteurs membres doivent respecter une charte d’éthique intégrant des critères environnementaux. S’adressant aux familles, les fermes labellisées permettent de découvrir les joies du tourisme rural au grand air et de découvrir animaux et savoir-faire fermiers. A l’intérieur même de ce label, différentes options s’offrent au vacancier : possibilité de séjours autour de la gastronomie, loisirs et activités variés (équitation, chasse, fermes pédagogiques…) et modes d’hébergement différents (camping, gîtes, fermes, chambres d’hôtes). Il y en a pour tous les goûts ! Les 296 Gîtes Panda de France métropolitaine (www.wwf.fr) sont quant à eux presque tous situés dans un parc naturel protégé auquel le WWF (Organisation Mondiale de la Nature) accorde son label. Ces hébergements proposent des équipements d’observation de la nature et des documents d’information spécifiques. Ils permettent de découvrir des sentiers de randonnée et souvent des sentiers d’interprétation de la faune, de la flore et du paysage.
Des organismes de voyage proposent également des labels écologiques, mais qui leur sont propres. Notons par exemple le label « Chouette nature » de Cap France (www.capfrance.fr) qui s’engage notamment à pratiquer le tri sélectif et l’achat de produits issus du commerce local ou équitable.


Où partir ?

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Pour trouver un voyage écolo, plusieurs choix s’offrent au voyageur, selon qu’il souhaite partir seul ou par l’intermédiaire d’un organisme. Pour les débrouillards, le plus simple est de se rendre sur le site de l’Association Française d’Ecotourisme (Tel. : 05.61.23.22.59 et www.voyagepourlaplanete.com), qui rassemble une cinquantaine d’adhérents et propose environ 80 destinations différentes (à tous les prix) en France comme à l’étranger. Quelques clics suffisent pour être mis en relation avec le propriétaire de son lieu de chute. Seul hic, le client doit se charger lui-même des billets d’avion et de son acheminement à l’hôtel. Toujours dans le domaine associatif, Echoway (www.echoway.com) propose des destinations « pour un tourisme responsable » au sens large. La plupart d’entre elles pratiquent l’écotourisme, dans des établissements certes chaleureux mais souvent rustiques. Le site met en relation des établissements sélectionnés par l’Association avec l’aide des internautes, mais les prix sont affichés dans la monnaie locale ce qui n’aide pas à la comparaison, et le transport est également aux soins du voyageur.
Pour les séjours organisés, l’un des spécialistes de l’écotourisme en France est Terra Incognita (www.terraincognita.fr). L’organisme est à l’initiative, avec l’éditeur de guides de voyages Lonely Planet de la Charte Ethique du Voyageur, portant sur les devoirs du touriste face à la population et à l’environnement qu’il découvre. Le voyagiste propose des séjours sur-mesure, des lunes de miel, des circuits en petits groupes pour lesquels il faut compter environ de 1 500 à 4 000 € pour des séjours allant d’une petite semaine à une dizaine de jours (Par exemple 3 290 € les 15 jours au Laos du 22 octobre au 16 novembre 2007, sans les vols). Nouveau venu sur le marché, Ushuaia Voyages. Se proclamant « Agence de voyages responsable », le site internet s’implique dans la neutralisation des gaz à effet de serre et compense systématiquement les émissions de Co2 liées au transport aérien de ses voyageurs par le financement de projets écologique (aide à la maîtrise d’énergie au Maroc par exemple). Le site (www.ushuaia-voyages.com ou 08 92 23 42 23 pour la liste des agences qui revendent ces voyages disponible sur le site) propose une gamme de voyage s’articulant autour de cinq thèmes : « Aventure et expéditions », « Nature, faune et flore », « Peuples et histoire », « Action des hommes » et « Sport ». Le budget à prévoir est 1 000 euros minimum (séjour 8 jours/7 nuits dans un écolodge dans le Haut-Atlas à partir de 1 425 € pour un départ de Paris en octobre ou novembre 2007) et environ 3 500 euros pour les voyages les plus onéreux (circuit 13 jours/11 nuits à Bornéo à la rencontre des Oran Outangs à partir de 3 662 € TTC pour un départ de Paris en Octobre 2007, vols compris).
La boutique « Nature et découvertes » propose elle aussi des séjours « Nature », en partenariat avec l’agence de voyages Saïga (www.saiga-voyage-nature.fr) qui prône un tourisme responsable plus solidaire et la préservation de l’environnement. Les séjours sont accessibles à partir de 300 euros environ (290€ le week-end de trois jours à la découverte du loup dans le Vercors).
Aujourd’hui le tourisme écologique connaît une hausse même si, encore confidentiel, il ne concerne qu’1 à 2% de voyageurs français. « Par rapport au commerce équitable qui marche très bien, l’écotourisme est encore loin d’être un réflexe », déplore Pascal Languillon. Sous la pression des consommateurs, la donne risque de changer vite.


Sac à dos écolo

Le voyageur écolo l’est jusqu’au sac à dos ! Règle numéro 1 : Selon le site Echoway, opter pour des matériaux naturels ! Les sacs en PVC sont donc à fuir à tout prix au profit de sacs en chanvre (Par exemple 75€ le sac à dos Eco 40 de Lafuma). Règle numéro 2 : pour le contenu, opter pour des vêtements en coton biologique (49€ le pantalon Thaï chez Nature et Découvertes) ou en chanvre issu du commerce équitable, oublier les bouteilles en plastique pour les bonnes vieilles gourdes, choisir de la lessive sans phosphate et des savons et des shampooings biodégradables (2€ le savon sur le site www.madeinchanvre.fr). Il est également préférable de trouver une alternative aux piles comme les lampes LED (14,90 € la lampe Géonaute chez Décathlon)…


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